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Développement La MSA veut être « la protection sociale du milieu rural »

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La Mutualité sociale agricole a pour ambition d'être officiellement reconnue comme l'organisme de protection sociale de référence du milieu rural, a indiqué le président de la MSA, Gérard Pelhate lors du Salon international de l'agriculture. Si le président de la République a attesté de la légitimité d’une telle demande au regard des missions déjà exercées auprès de tous les ruraux, c'est désormais du côté du gouvernement que la MSA va plaider sa cause. Les rendez-vous sont pris : plusieurs ministres ont en effet déjà fait part de leur intérêt pour le projet.

Vous avez pu rencontrer le président de la République à l'occasion de sa visite sur le Salon international de l'agriculture. De quoi vous êtes-vous entretenus ?

Gérard Pelhate : Nous lui avons parlé des ambitions de la Mutualité sociale agricole (MSA) pour le milieu rural. Nous avons en effet des obligations de productivité qui, comparé au régime général, deviennent difficile à remplir. D'abord, nous sommes soumis à une baisse de la population agricole, alors que les caisses du régime général voient, elles, leur population augmenter. Qui plus est, nos ressortissants sont, disons, plus dispersés, sur l'ensemble du milieu rural. L'équation est donc difficile à résoudre pour nous, et il convient, en vue de maintenir notre influence, d'être désormais « missionné », de manière officielle, comme l'organisme de protection sociale du milieu rural. Cela peut se faire avec des textes qui le confirment ou avec des éléments de contractualisation dans la convention d'objectifs et de gestion que l'on a avec l'Etat.

Concrètement, que signifierait cette nouvelle mission pour la MSA?

En réalité, il s'agit davantage de la reconnaissance officielle d'actions que nous menons déjà, de leur maintien, de leur développement et de la création de nouveaux engagements. Au-delà des prestations et de l'appel des cotisations, la MSA mène en effet tout un travail d'accompagnement social. En clair, nous organisons, de par notre expérience et notre proximité, des offres de services en milieu rural. C'est le cas pour l'accueil de la petite enfance : nous avons montré que nous étions capables de soutenir et inciter à la création de nouveaux modes de garde adaptés en milieu rural, notamment les micro-crèches. Nous avons mis en place également des actions de prévention en matière de vieillissement, au nom de toutes les caisses de retraite. Nous agissons en faveur de l'accueil en milieu rural des personnes âgées et sommes venus en appui à la création d'établissements de travail pour handicapés. Nous souhaiterions être officiellement missionnés pour mener à bien ses missions. Cela nous permettrait éventuellement de solliciter des appuis techniques et financiers – car nos moyens sont aujourd'hui très serrés –, et d'avoir des emplois, pourquoi pas, spécifiques à ces missions, ou encore de tisser des partenariats dédiés. Tout ça, sans plus se poser de questions de légitimité ou de règlement.

Comment François Hollande a-t-il accueilli votre demande?

Nous avons discuté. Il a évoqué lui-même notre implication en matière de prévention, dans l'accompagnement des travailleurs handicapés etc. Il nous a dit qu'il connaissait bien ces actions, qu'il comprenait notre proposition. Il a indiqué en substance qu'il s'agissait d'une bonne orientation pour accompagner le milieu rural qui en a besoin. Il a, pour résumer, acquiescé à notre proposition en montrant qu'il connaissait nos actions, et a dit qu'il fallait travailler à ce nouvel axe. Des rendez-vous vont probablement avoir lieu avec le cabinet du Premier ministre. J'ai en effet pu aussi rencontrer le chef du gouvernement durant sa visite sur le Salon et lui faire la même demande. Il a fait appel à sa conseillère et lui a demandé de voir, comment dans la loi de modernisation des politiques publiques, on pouvait travailler sur ce sujet. C'est une solution concrète sur laquelle il est donc prévu que nous rediscutions.

D’autres rendez-vous sont-ils programmés?

Oui, un travail va aussi être mené avec la ministre délégué à l'Aménagement du territoire, Cécile Duflot, avec qui nous nous sommes également entretenus sur le Salon. Nous avons des intérêts communs : le logement, la précarité énergétique etc. Nous sommes engagés sur tous ces domaines. La ministre veut aussi voir, avec nous, comment les services publics pourraient être plus présents au cœur des territoires ruraux. Il y a bien des bornes à cet usage mais elles sont coûteuses. Or, en matière de sécurité sociale, nous avons l'avantage d'être un guichet unique, nous connaissons toutes les législations en matière de protection sociale. Nous avons par ailleurs globalement des points d'accueil à 30 minutes de chaque personne. J'ai donc proposé à la ministre que nous devenions le point d'accueil de tous les problèmes de sécurité et de protection sociale, au nom de tous les régimes. Nous allons prochainement revoir la ministre sur ce point. Enfin, il est prévu que nous rencontrions le ministre délégué à l’Economie solidaire, Benoît Hamon sur le sujet de la réinsertion par l'activité économique. Un sujet qui l’a beaucoup intéressé lors de sa visite sur le Salon. Alors, pour le moment, il ne s'agit que de paroles. On sait que pour les actes, c'est toujours plus long, les réglementations sont complexes... Mais l'on devine que des solutions sont possibles pour reconnaître et développer toutes nos missions.

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