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La numérisation en agriculture, prélude à une nouvelle révolution

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Le « think tank » Renaissance numérique, très spécialisé sur l’impact de l’informatique et d’Internet dans la société, s’est penché cette année sur la numérisation et ses effets en agriculture. Il propose seize mesures pour permettre aux agriculteurs de profiter pleinement de ces technologies nouvelles. Des mesures précisées dans un rapport très détaillé sur la numérisation et le monde agricole. Et qui fait pressentir une véritable "révolution agricole".

Les agriculteurs français ne doivent pas rater le tournant de la numérisation dans leur profession. C’est ce qu’indique, implicitement, le « think tank » Renaissance numérique après avoir, dans son rapport annuel sur la question, abordé l’ensemble des aspects de cette numérisation. Il est vrai qu’elle touche toutes les dimensions de cette activité. La production elle-même a déjà vu bon nombre d’applications qui vont encore se développer. L’utilisation des capteurs sur des animaux ou des drones pour surveiller les parcelles est déjà une réalité. Exemple, en Espagne, l'utilisation des pesticides sur les vignes a diminué de 20 %, grâce à l'installation de capteurs. L’utilisation des drones sur les cultures commence à rendre possibles des traitements plus rapides et plus ciblés, d’où des économies d’intrants. Mais ils permettront aussi d’épandre des produits ou même des insectes en lutte biologique.

Vidéosurveillance dans les étables

Déjà, Internet permet aux agriculteurs de faire leurs déclarations Pac (Politique agricole commune) en ligne tandis que ces exploitants échangent de plus en plus d’informations entre eux grâce au web ou, bien sûr, y achètent du matériel agricole. Le taux de connexion des agriculteurs est d’ailleurs l’un des plus élevés, et le serait encore plus si le haut débit était généralisé sur le territoire. C’est d’ailleurs une des recommandations les plus fortes du rapport de Renaissance numérique.

Une économie possible de 15% en moyenne sur les intrants

Autre application, la vidéosurveillance permettra de plus en plus de gérer des troupeaux en stabulation et des biocapteurs d’en surveiller l’état de santé (température, par exemple). Des technologies similaires (capteurs, vidéo) permettraient aussi de gérer plus efficacement l’irrigation. Tous ces usages devraient permettre une amélioration des rendements et/ou une économie de moyens, donc un respect plus grand de l’environnement. Le rapport de Renaissance numérique imagine même l’utilisation d’imprimantes 3D par des agriculteurs produisant une partie de leurs équipements. L’ensemble de ces outils devraient permettre une révolution agricole nouvelle, imagine le « Think tank ».

 

Economie de 15%

Selon une étude américaine, ils permettraient une économie possible de 15% en moyenne sur les intrants. Cela ne concerne pas que les pays occidentaux, mieux équipés. Le développement des « smartphones » dans les pays émergents permet déjà de recueillir des données agronomiques et météo, de les traiter et de faire profiter les agriculteurs du résultat.
Autre retombée de la numérisation en agriculture, la réduction des coûts des équipements. Tant par la mise en réseau des agriculteurs et leur accès bien plus large qu’aujourd’hui à des équipements de seconde main, que par l’achat en commun ou le financement participatif (crowdfunding).

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Circuits plus courts

Dans sa deuxième partie, le rapport de Renaissance numérique aborde l’impact de la numérisation sur la commercialisation des denrées agricoles. C’est évidemment le phénomène des circuits courts, Internet permettant de mettre en place des circuits sans intermédiaires même lorsque le consommateur et le producteur sont situés à des centaines de kilomètres de distance. Déjà, un agriculteur français sur cinq vend une partie de sa production en circuit court. Ce rapprochement devrait aussi permettre de rassurer le consommateur, sur l’origine de ce qu’il mange et sur sa qualité sanitaire. Le phénomène permettrait aussi à l’agriculteur de récupérer une partie de la valeur ajoutée, perdue en raison de la multiplication du nombre d’intermédiaires. Mieux encore, la numérisation peut ouvrir l’accès à des marchés exports que l’agriculteur ne pouvait atteindre auparavant.

Connexion sur tout le territoire

Pour permettre aux agriculteurs – mais aussi aux consommateurs –  de bénéficier de cette numérisation, les experts de Renaissance numérique proposent aux pouvoirs publics comme aux acteurs économiques pas moins de seize propositions afin que les Français restent dans la course mondiale.

Seize propositions afin que les Français restent dans la course mondiale

Parmi celles-ci figurent : en premier lieu la couverture de l’ensemble du territoire pour l’accès internet, en haut ou bas débit ; l’accompagnement de l’équipement en outils numériques ; le soutien des mécanismes de « crowdfunding » pour financer les investissements des agriculteurs ; l'introduction systématique de la pratique du numérique dans la formation initiale ou professionnelle des agriculteurs ; faire des coopératives ou des syndicats des acteurs de cette formation ; le développement des outils de formation en ligne ; inciter les coopératives à se développer sur le « big data agricole » ; encourager la vente en circuits courts en utilisant des sites internet dédiés ; mettre les agriculteurs au cœur des applications de certification et traçabilité des produits alimentaires ; inciter les acteurs de l’agroalimentaire à mettre en place des outils de traçabilité grand public pour informer sur la provenance du produit, faire émerger, grâce à des investissements des champions français de la « foodtech ». etc.

Ce qu'est Renaissance numérique

Renaissance numérique est un think tank (Centre de réflexion) spécialisé sur la société numérique. Il réunit des grandes entreprises de l’Internet, françaises et multinationales, les entrepreneurs, les universitaires ainsi que les représentants de la société civile, pour participer à la définition d’un nouveau modèle économique, social et politique issu de la révolution numérique. Il regroupe aujourd’hui plus de cinquante adhérents et plus de deux cent cinquante délégués territoriaux amenés à faire vivre la réflexion numérique partout sur le territoire et auprès des élus. Le présent rapport sur la numérisation en agriculture a été sponsorisé par Intermarché et la société de services SAP.