La politique agricole commune absorbe encore une bonne partie du budget de l’UE. Mais elle est désormais quasi absente du discours des principaux dirigeants européens. A aucun moment, le président de la Commission, José Manuel Barroso, ne l’a évoquée devant le Parlement de Strasbourg, lors de l’investiture du nouvel exécutif européen. Le chômage, la crise grecque, la réglementation financière, le changement climatique apparaissent désormais autrement plus importants que le secteur agricole pour une Union en quête de légitimité auprès des citoyens. Ces défis ont d’ailleurs largement accaparé les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE réunis informellement, le 11 février, autour du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ils seront au cœur du projet européen des prochaines années. Sans doute pas l’agriculture. Celle-ci apparaît désormais comme un « acquis » à défendre, mais dont on ne parle presque plus. L’enjeu alimentaire mondial semble encore lointain. La qualité des aliments est un souci certes non négligeable, mais elle est largement garantie par l’élévation du niveau de vie. Ce n’est pas le récent bilan de santé de la Pac, largement incompréhensible pour le grand public, fastidieux pour les ministres eux-mêmes, qui a redonné une force au projet agricole européen. Retrouver le chemin de la politique sera l’un des principaux défis du nouveau commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos. Faute de quoi la Pac sera de moins en moins une politique commune mais plutôt un outil de gestion des campagnes hérité du passé. Sans grand avenir.
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