C'est aussi « un sujet européen », a souligné le 22 juillet le gouvernement français lors de la présentation d'un plan national de soutien au secteur de l'élevage sur fond de manifestations des agriculteurs. Pour Bruxelles, « la nouvelle Pac n'est pas un problème », elle est un « facilitateur ».
Interrogé le 22 juillet à Bruxelles, hors de son portefeuille, sur les manifestations d'éleveurs français auxquels le gouvernement a annoncé un plan de soutien, le commissaire européen aux affaires économiques et financières, le Français Pierre Moscovici, a imputé cette crise à des dysfonctionnements de la filière viande du pays. Répondant sur un dossier du ressort de son collègue chargé de l'agriculture, Phil Hogan, il a affirmé que, dans ce contexte, « la nouvelle Pac n'est pas un problème elle est un encouragement, un facilitateur », car elle permet de « renforcer la capacité de négociation des éleveurs » par divers outils, leur regroupement notamment. La Commission « est prête à soutenir les éleveurs dans cette démarche », dans le cadre des efforts qu'elle déploie pour « œuvrer à un meilleur fonctionnement de la chaîne alimentaire », a pour-suivi Pierre Moscovici, ajoutant que « les services de la Commission suivent de très près l'évolution de la situation » sur le marché de la viande, même si elle juge ne pas être face à une crise du marché qui imposerait la prise de mesures de soutien des prix. Phil Hogan assurera la permanence estivale de la Commission de Bruxelles du 24 au 28 août.
Paris « va prendre des initiatives » au niveau européen
Présentant le 22 juillet au gouvernement le plan de soutien à l'élevage français (voir encadré), le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a souligné que « c'est un sujet européen ». « Le débat lors du dernier Conseil des ministres de l'agriculture à Bruxelles a permis des ouvertures pour le porc et le lait », a-t-il affirmé selon un communiqué, « et le gouvernement va prendre des initiatives pour qu'elles soient complétées et conduites à terme » (1).
« Je reste sur la position qui est la mienne pour mobiliser l'Europe à la rentrée de septembre, non pas sur un Conseil informel (de l'UE) comme il était prévu mais sur un Conseil formel, pour qu'on puisse aborder les sujets qui sont aujourd'hui à l'échelle européenne les sujets de préoccupation », a déclaré le lendemain le ministre français. Stéphane Le Foll a dit s'être entretenu avec ses homologues belge et irlandais, ajoutant que « des points de convergence commencent clairement à apparaître sur les difficultés que rencontrent un certain nombre de filières ». Il devait aussi avoir un entretien téléphonique avec le ministre allemand de l'agriculture, Christian Schmidt.
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Un camion frigorifique transportant des carcasses de bœuf en provenance d'Allemagne, destiné au numéro un français de la viande, l'entreprise Bigard, a été intercepté « sans violence » le 23 juillet au matin par les éleveurs en Franche-Comté, a annoncé la FNSEA, syndicat agricole majoritaire.
Le Sénat français s'adresse à Jean-Claude Juncker
Pour sa part, le président du Sénat français, Gérard Larcher, a saisi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour lui « rappeler que la dramatique situation des éleveurs français appelle aussi des réflexions et des actions au niveau européen », ont annoncé le même jour ses services dans un communiqué. « Au moment où l'Union européenne négocie avec les États-Unis un nouveau traité transatlantique qui pourrait avoir un fort impact sur les éleveurs européens (2) et à l'approche de la révision de la Pac », souligne-t-il, « le Sénat demande à Jean-Claude Juncker d'instaurer (avec lui) un dialogue politique car ces enjeux dépassent le strict cadre agricole ».
(1) Voir n° 3506 du 20/07/15
(2) Voir même numéro