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Viandes La pénurie d’offre tire les prix vers le haut

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La pénurie se fait sentir sur les marchés des viandes bovines, selon l’Institut de l’élevage. Cela induit une hausse des prix sur la plupart des marchés, à commencer par celui des vaches de réforme. Mais les importations augmentent aussi. C’est aussi la réduction de l’offre qui est à l’origine d’un soutien du prix du porc.

Moins de vaches, des prix en hausse et des importations en croissance : telle est l’équation principale des marchés bovins à la veille de la trêve estivale, telle que décrite par l’Institut de l’élevage. Les abattages de vaches ont en effet chuté de 9 000 têtes en mai soit 7 % de moins que l’an dernier à la même période. En revanche le nombre de génisses a augmenté (3 %) avec un plus grand nombre de bêtes engraissées en raison des difficultés d’exportation liées à la FCO. Il n’empêche : sur les 5 premiers mois de l’année, le tonnage abattu a baissé de 6 % par rapport à 2007 et de 8 % par rapport à 2006. Cela a créé un appel d’air pour les importations, notamment en provenance de l’Allemagne. Au total, elles progressent de 4 % sur les quatre premiers mois de l’année. Globalement, le recul des disponibilités a engendré une baisse de la consommation de 2 % sur les quatre premiers mois, avec une hausse des prix notable. Fin juin, la cotation de la vache type R dépassait de 9 % son niveau de 2007 à la même période.

Un phénomène européen

Le phénomène n’est pas que français puisque les prix sont également en forte hausse en Allemagne. Le marché est également dynamique en Grande Bretagne où l’offre s’avère insuffisante face à la demande.

Pour les jeunes bovins, l’évolution des prix est en amélioration par rapport à une situation de départ plus déprimée que pour les vaches. En fin de semestre, ces prix se situaient entre 5 % et 6 % en dessous de leur niveau de 2006 et de 14 % au-dessus de ceux de 2007. Les abattages sont en hausse de 8 % depuis le début de l’année par rapport à une année 2007 qui se situait déjà à un niveau élevé. Cependant, le poids des carcasses est plutôt en baisse, de l’ordre de 13 kg de moins que l’an dernier. Les exportations sont stables mais progressent sur l’Italie qui achète de plus en plus d’animaux finis. Les cours, en Allemagne, sont eux aussi élevés (entre 16 % et 22 % selon les catégories).

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Echanges ralentis en animaux maigres

Ces situations contrastent avec celles des animaux maigres. Les échanges de volumes sont au ralenti, avec peu d’expéditions vers l’Italie au début de l’année en raison des problèmes de FCO. Ces ventes ont repris en mai notamment pour les animaux vaccinés avant le 30 mai. Les cours sont néanmoins assez élevés mais sur de petits volumes, note l’Institut de l’élevage. Celui-ci s’inquiète du manque possible de femelles exportables sur l’Italie, non seulement parce que de grosses ventes ont déjà eu lieu sur l’Espagne mais aussi parce que la priorité avait été donnée aux mâles pour la vaccination.

Les veaux de boucherie à la peine

La consommation n’a pas été propice à la production de veaux de boucherie. Celle-ci, sur les cinq premiers mois de l’année, est en recul de 8 % tant en raison du nombre d’abattages qu’en raison du poids des carcasses. Il n’empêche : avec une relance des importations néerlandaises, l’offre globale reste supérieure à la demande ce qui pousse les cours à la baisse. Fin juin, la cotation nationale se situait à 24 % en dessous de son niveau de la même période en 2007.

Perspectives optimistes sur le porc

Selon l’Ifip, Institut du porc, le marché est également marqué par une baisse de l’offre. Les prix restent encore hésitants en raison de la résistance de l’industrie et du commerce et de leur difficulté à répercuter les cours sur la distribution. Mais, prévoit, l’Ifip, la baisse de production devrait se poursuivre tant en Europe qu’en France au troisième trimestre ce qui conduira, selon ses experts, à une hausse des prix. Sur le marché au cadran breton, les dernières cotations se stabilisent à 1,45 euro soit sensiblement plus que la moyenne mobile sur douze mois se terminant fin juin (1,172 euro). Le temps estival maintenant installé laisse espérer une bonne consommation de produits frais et de saucisses à griller.