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Prospective La permaculture, voie à explorer selon le CESE

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Le Conseil économique exprimé un plein soutien à un concept d'agriculture peu connu en France, la permaculture. Pour le CESE, il faut approfondir les connaissances sur ce mode de culture sans intrants et sans mécanisation, mais aussi développer les expérimentations, notamment en milieux urbains et périurbains. Un « potager permaculturel » pourrait même être prochainement installé dans l'assemblée.

Dans un avis voté le 9 septembre, le Conseil économique et social (CESE) préconise d'améliorer les connaissances sur la permaculture. D'origine anglo-saxonne et principalement pratiqué en Australie, la permaculture est un concept d'agriculture très méconnu du grand public et du secteur agricole français. Il est généralement pratiqué sur de petites surfaces, sans intrants et sans mécanisation. Si le CESE s'est intéressé à cette pratique quasi-inconnue, c'est dans le cadre d'un avis portant sur le « bio-mimétisme », c'est-à-dire « l'imitation de la nature » à des fins d'innovation technique : un secteur dans lequel la France souhaiterait rattraper le retard qu'elle a pris sur son voisin allemand, redoutable en la matière. Dans le chapitre consacré à l'agriculture, la rapporteure de l'avis, Patricia Ricard, estime que le bio-mimétisme consiste surtout pour les agriculteurs à « imiter les écosystèmes », à pratiquer ce qu'elle appelle de « l'éco-mimétique » ; un concept qu'elle caractérise les pratiques suivantes : « absence de recours aux intrants de synthèse », « travail du sol minimum », « préservation de la microfaune des sols », « semi direct », « couvert végétal permanent », « grande diversité spécifique et fonctionnelle », et « associations d'espères destinées à améliorer la productivité de chacun d'elles ». Parmi les modes d'agriculture éco-mimétique, Patricia Ricard estime que la permaculture est le plus prometteur.

Approfondir les connaissances

Le CESE estime que ces modes d'agriculture éco-mimétique doivent être mieux explorés par les agronomes et les techniciens de l'agriculture. « Ces modes doivent pouvoir être comparés à des pratiques agricoles plus conventionnelles ce qui suppose de leur donner les moyens de s'exprimer », estime le CESE, qui constate que « les résultats enregistrés dans les exploitations qui l'ont adoptée sont donc encore trop minces pour en tirer des conclusions précises et robustes pouvant être extrapolées ». Le CESE plaide en conséquence pour que soient recensées « les pratiques et expériences de cette nature ». La Ferme du Bec-Hellouin, située dans l'Eure, suivie par l'Inra et AgroParisTech constitue un « modèle » à explorer. Le CESE plaide aussi pour que les principes de l'agriculture éco-mimétique soient intégrés dans les programmes des lycées agricoles, que de nouvelles voies professionnelles puissent être créées autour de ces thématiques, mais aussi que les liens soient renforcés entre les chambres d'agriculture et les tenants des agricultures « éco-mimétiques ».

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Développer la permaculture en milieux urbains

Le CESE ne s'arrête pas à la seule volonté d'explorer ces nouvelles techniques, il plaide pour leur développement en milieux urbain et périurbain (toits, cours, espaces verts…). Les élus estiment à ce titre que les aides à la surface prévues dans la Pac ne sont pas adaptées pour les exploitations aux superficies modestes. La surface de production de la Ferme du Bec-Hellouin est 6 200 mètres carrés, remarque Patricia Ricard, qui plaide pour des dispositifs adaptés (mesures agroenvironnementales, crédits d'impôts, aides à l'investissement et à la recherche). Situé au cœur de Paris, dans le 16e arrondissement, le CESE veut montrer l'exemple et a glissé dans le texte voté le 9 septembre, que son espace intérieur engazonné pourrait être affecté à un « potager permaculturel » !