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La petite bio qui monte, qui monte

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Les chiffres dévoilés le 9 juillet par l’Agence bio ne montrent pas d’accélération mais confirment la tendance observée depuis 5 ans : la bio, en termes de valeur ou de surface de production, maintient une croissance au-delà des 10 %. Des atouts que l’agence espère faire entendre au nouveau ministre.

Les chiffres dévoilés le 9 juillet par l’Agence bio ne montrent pas d’accélération mais confirment la tendance observée depuis 5 ans : la bio, en termes de valeur ou de surface de production, maintient une croissance au-delà des 10 %. Des atouts que l’agence espère faire entendre au nouveau ministre.

« Nous sommes sur une belle progression, qui pourrait nous amener à respecter les engagements pris dans les contrats d’objectifs de l’agence », commente Gérard Michaut, vice-président de l’Agence bio, face aux chiffres publiés ce 9 juillet.

Alors que la surface française certifiée en agriculture biologique s’élève à 2,3 millions d’hectares en 2019, en hausse de 13 % par rapport à 2018, cette analyse demeure optimiste. Le plan Ambition bio, dont le contrat d’objectif de l’agence est une déclinaison, prévoit 4,1 millions d’hectares de surface agricole utile (SAU) à l’horizon 2022, et exigerait donc des hausses de 20 % au cours des trois prochaines années pour être atteint.

Mais si les objectifs ne seront pas atteints aussi rapidement que souhaité, les conversions demeurent nombreuses. Avec des hausses de 23 % des surfaces en vigne sur un an, de 20 % en légumes frais, ou de 17 % en grandes cultures, difficile de ne pas remarquer le tournant dans les champs français. « On a une consommation qui tire, et la bio s’organise partout pour répondre, de la production à la distribution », résume Philippe Henry.

La grande distribution consolide ses positions

En 2019, la bio est un marché de 12 milliards d’euros, en hausse de 13,5 % par rapport à 2018. « Quatre fois le marché des smartphones, deux fois le montant exports de céréales », s’amuse Philippe Henry, président de l’Agence bio. Dans ce gâteau appétissant, la grande distribution a augmenté la taille de sa part, désormais estimée à 55 %, contre 49 % en 2018.

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Les historiques de la bio et les producteurs doivent-ils s’inquiéter de l’appétit des distributeurs ? « S’il n’y avait pas la grande distribution, nous n’en serions pas là aujourd’hui », nuance Philippe Henry. Son agence, précise-t-il, échange régulièrement avec les grandes enseignes, et demeure vigilante. « Il ne faut pas conserver les anciens réflexes. Nous travaillons avec eux pour construire un modèle durable », détaille le président.

Pole position française

À l’échelle européenne, la France continue de se classer juste derrière l’Espagne en termes de surface. « Alors que la commission européenne ambitionne d’avoir 25 % d’agriculture biologique en 2030 en Europe, la France doit s’emparer de cet objectif et devenir un leader », encourage Philippe Henry.

Leader, la France le serait déjà sur le terrain de la consommation, avec une dépense estimée à 178 € par habitant en 2019, là où les Allemands ne dépensent que 144 € par an. « C’est un peu Cocorico », sourit Philippe Henry. Le marché outre-Rhin demeure cependant le plus volumineux en valeurs absolues, avec près de 11,97 milliards d’euros.

Porter le bâton de pèlerin de la bio en Europe permettrait par ailleurs à la France de défendre sa vision du bio, plus tournée vers la consommation domestique que son compétiteur espagnol. D’après les derniers chiffres de l’Agence bio, si l’hexagone affiche une hausse de 5 % de ses exportations en 2018, c’est avant tout vers le marché intérieur que le bio français vise, comme le montre l’autonomie nationale atteinte en lait, en œuf, en vin et même en viande bio. L’Espagne, souligne l’Agence bio, « est essentiellement orientée vers l’exportation », notamment en fruits et en viande.

Cette vision et ces atouts, Philippe Henry espère les « porter rapidement auprès du nouveau ministre de l’Agriculture », pour défendre la place du bio dans la relance, et plus généralement dans la transition agroécologique du pays.

teindre l’objectif Ambition bio exigerait des hausses de 20 % au cours des trois prochaines années