L’Europe se dit vulnérable face à la menace de grippe aviaire et en appelle au monde entier pour mieux gérer l’imprévisible. Pour calmer les psychoses, il y a mieux et pour aider les pays où l’on compte déjà des victimes il n’y a rien de prévu. La nouvelle épizootie, étrangère à la mondialisation des échanges (il y a toujours eu des oiseaux migrateurs) rappelle un peu trop l’affaire du sang contaminé ou de la vache folle. Sera-t-on plus sage cette fois et en tout cas mieux préparé pour tout ce qui touche à la frontière entre la santé et l’alimentation des hommes ?
Les hommes politiques ouvrent déjà le parapluie et ceux qui voudraient pondérer le principe de précaution par des motifs économiques ont peu de chance de l’emporter. La science, mobilisée au maximum, ne répond pas sur la possible mutation de la grippe classique par contact avec la grippe aviaire, ni sur la transmission de la seconde entre humains. Soit, et il est normal d’attendre l’examen d’oiseaux morts au bout du monde…
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En revanche, il n’y a pas lieu de douter devant nos assiettes puisque la viande de volaille, les œufs ou le foie gras ne peuvent être affectés. Au plan psychologique, on ne sait toujours pas comment empêcher la panique et les graves sinistres économiques qui menacent. « Inviter à la fête », comme le fait la profession du foie gras, semble plus sain que barder les linéaires de logos bleu, blanc, rouge. Et si demain un oiseau meurt en Camargue ? Le paradoxe sera que les productions fermières, bio, ou sous signes de qualité seront pénalisées, là encore sans grand motif, ou devront être confinées à l’instar des filières plus industrielles. L’inverse de ce qu’on avait connu en viande bovine il n’y a pas si longtemps !