Selon les analystes québécois du CDPQ, les annonces protectionnistes du nouveau président des États-Unis pourraient, si elles se concrétisent, peser sur les filières américaines du porc et du poulet, très tournées vers l’export et qui avaient profité ces dernières années de l’abaissement des barrières douanières.
C’est une des premières conséquences de l’élection de Donald Trump sur l’agriculture américaine. La valeur du peso mexicain par rapport au dollar a brutalement chuté au lendemain de l’annonce de son élection, « affectant le pouvoir d’achat des importateurs mexicains », observe le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) dans une note de conjoncture le 15 novembre. Entre le 7 et le 10 novembre, sa valeur a décliné de 9 % et n’est pas remontée depuis. Le Mexique est le troisième acheteur mondial de porc et une « chasse gardée » des États-Unis ; il représente 31 % des exportations de viande de porc des États-Unis. Le Mexique est aussi le deuxième importateur mondial de poulet.
Les éleveurs de porc sont les plus exposés
À moyen terme, le positionnement protectionniste du nouveau président pourrait avoir une influence baissière sur la production porcine américaine, estiment les analystes canadiens : « En se basant sur les prises de position du nouveau président lors de sa campagne électorale, les conséquences à plus long terme pourraient toucher particulièrement les éleveurs américains, dont les producteurs de porcs, estime le CDPQ. Parmi celles-ci, notons l’imposition de tarifs élevés à l’importation, l’abolition de l’Alena (accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, ndlr) et la création de limites au commerce en vue de stimuler l’emploi aux États-Unis. »
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Le porc et le poulet américain avaient profité de l’Alena
« Ces vingt dernières années, soit depuis l’entrée en vigueur de l’Alena et des accords commerciaux de l’OMC, le secteur ayant le plus bénéficié de l’ouverture des marchés est le porc », estime le CDPQ. Les Canadiens rappellent dans le graphique ci-contre, qu’en 1995, la production américaine de porcs se chiffrait à 8,10 millions de tonnes, dont 4 % étaient exportés. Entre trente ans, la production américaine a progressé de 3,02 millions de tonnes (+37 %), et environ 20 % de la production se serait ainsi retrouvée sur les marchés extérieurs. « Cela signifie que ces vingt dernières années, plus de la moitié de l’expansion du secteur porcin aux États-Unis est attribuable à la croissance des exportations », explique le CDPQ. Une analyse qui s’applique largement au poulet, estiment-ils, même si ce secteur était déjà très tourné vers l’export avant l’Alena.