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UE/Russie La Pologne confrontée aux demandes extravagantes de Moscou

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Enlisée dans un conflit avec Moscou sur les sujets phytosanitaires et vétérinaires depuis novembre dernier, la Pologne a cherché durant la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, le 22 mai, l’appui de ses partenaires européens pour trouver une issue à la crise permettant la levée rapide de l’embargo sur l’ensemble de ses produits animaux et végétaux.

Le maintien de l’embargo est « injustifié», a affirmé Markos Kyprianou devant les ministres de l’Agriculture des Vingt-cinq, la Pologne ayant satisfait à la plupart des exigences russes. Le commissaire chargé de la Santé et de la Protection des consommateurs a donc transmis le dossier à son homologue au Commerce Peter Mandelson. Il ne faut pas donner le moindre signe de faiblesse pouvant justifier de la part de la Russie la mise en place d’un nouvel embargo, a prévenu le commissaire. Car, dit-il, il est plus facile de renforcer les contrôles que de lever un embargo imposé par les services sanitaires moscovites.

Contrôle russe des importations intra-communautaires

Confrontée à la surenchère des Russes, Varsovie a indiqué pour sa part que le dossier n’est plus technique mais politique. Les services vétérinaires polonais ont d’ailleurs fini par claquer la porte des négociations avec la Russie considérant ses demandes de plus en plus extravagantes. La dernière exigence de Moscou est d’obtenir un contrôle sanitaire sur l’ensemble des denrées alimentaires exportées par la Pologne vers les nouveaux États membres de l’UE tel que l’Estonie. Elle craint que ces produits ne soient réexportés. Pour Varsovie, cela équivaudrait à faire transiter ces marchandises par un poste frontalier situé non loin de Kaliningrad, le seul habilité à faire ce type de contrôles, indique une source diplomatique.

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Déjà la Pologne a accepté d’utiliser exclusivement ce poste de douane pour ses exportations de produits alimentaires destinées au marché russe afin de permettre un double contrôle par les services sanitaires de part et d’autre de la frontière et éviter toute fraude.

Espoir d’une normalisation des échanges

Par ailleurs, lors du conseil, Markos Kyprianou a fait un point sur les négociations en cours à propos des certificats qui devraient permettre de faciliter les échanges. Il a souligné l’importance des deux mémorandums signés le 4 avril dernier, l’un sur le contrôle des marchandises en transit et l’autre sur le principe de régionalisation en cas de maladie animale. Plusieurs délégations dont l’Espagne, le Danemark et l’Irlande ont indiqué leur espoir de voir les relations commerciales avec la Russie se normaliser.