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La Pologne opposée au renforcement du plan de lutte contre la peste porcine africaine

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À la recherche d’une levée de l’embargo imposé par la Russie sur certains produits du porc (abats et lard en particulier), la Commission européenne a décidé de renforcer les exigences de lutte contre la peste porcine africaine en étendant les restrictions de déplacement des animaux au-delà des seules zones où ont été découverts des cas de peste porcine africaine (1). Des mesures adoptées à une large majorité par les experts des États membres en comité permanent sur la santé animale le 12 janvier. Mais pour la Pologne, qui en subit les conséquences, cette décision est inacceptable alors que la situation de l’épizootie n’a pas évolué négativement. Le ministre polonais de l’agriculture fera connaître son mécontentement lors de réunion des ministres des Vingt-huit prévue le 15 février à Bruxelles.

Car, souligne une note transmise au Conseil, c’est la Pologne qui « assume l’ensemble des efforts de protection de l’Union européenne contre la propagation de la peste porcine africaine depuis l’Ukraine ». Varsovie demande donc un peu plus de soutien de la part de ses partenaires. Et d’insister : « C’est la Pologne qui porte le fardeau socio-économique des décisions prises au niveau de l’UE alors qu’elle agit comme zone tampon pour maintenir les autres États membres sains vis-à-vis de la peste porcine. Il serait donc normal de lui demander son avis avant de prendre des décisions déraisonnables qui ne contribuent pas à améliorer la situation épizootique mais qui ont des conséquences sociales négatives ».

Le risque de transmission de la peste porcine africaine depuis l’Ukraine vers la Pologne et donc aux autres États membres augmente rapidement, au vu de la propagation de la maladie. La Commission a demandé aux autorités ukrainiennes de lui présenter un plan de contrôle que l’UE pourrait financer. Mais l’Ukraine ne lui a rien transmis pour le moment. La Pologne demande donc à Bruxelles d’informer les États membres sur l’évolution de ce dossier et se dit prête à mettre en place des mesures de protection du territoire européen contre la propagation de la peste porcine.

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Les mesures prises par Bruxelles pour lutter contre la maladie ne convainquent de toute façon pas la Russie de bouger. Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis soulignait lors d’une conférence sur l’accès aux marchés, le 26 janvier à Bruxelles (2), qu’étant donné l’absence d’ouverture à la discussion de la part des autorités russes, mieux valait « maintenir une approche commune de l’UE et poursuivre l’action engagée auprès de l’OMC ».

(1) Voir n° 3531 du 01/02/2016

(2) Voir même numéro