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Régis Hochart (Confédération paysanne) « La pose des capteurs solaires doit être interdite sur les sols agricoles »

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Pour Régis Hochart, qui fut jusqu’à récemment porte-parole de la Confédération paysanne, « la pose des capteurs solaires doit être interdite sur les sols agricoles ». Pour une raison simple : il faut consacrer toutes les terres possibles à l’alimentation. Agra Presse poursuit sa série de questions aux professionnels de l’agriculture sur les capteurs photovoltaïques au sol.

Faut-il laisser libre, encadrer ou interdire la pose des capteurs photovoltaïques sur les sols agricoles ?
Nous savons que dans les prochaines années nous aurons besoin de toutes les surfaces agricoles, principalement pour produire une alimentation qui favorise la santé des consommateurs/citoyens. Nous en aurons d’autant plus besoin que la raréfaction des ressources minières et des ressources énergétiques fossiles, et la nécessaire diminution de l’usage des pesticides, nous amèneront inévitablement à une désintensification des productions. Dans ce contexte, il est clair qu’il faut limiter au maximum le transfert d’usage des terres agricoles. La pose des capteurs solaires doit donc être interdite sur les sols agricoles, ou à tout le moins être très fortement encadrée.

Certaines régions subventionnent la pose de capteurs photovoltaïques sur les toits des bâtiments et d’autres non. Faut-il une politique nationale unique dans ce domaine ?
Couvrir les toits de bâtiments de capteurs photovoltaïques peut être par contre sensé dans le principe. Mais cela doit procéder d’un plan énergie cohérent. Une politique nationale est donc nécessaire. Cela n’interdit pas l’intervention des collectivités territoriales, mais on doit s’interroger sur le sens que peuvent avoir tous ces soutiens publics (aide à l’investissement + crédit d’impôt + achat très subventionné du kwh), pour créer des rentes individuelles. S’il y a des soutiens, ils doivent être limités aux projets qui créent une valeur ajoutée collective.

Encourageriez-vous les agriculteurs à investir dans ce complément d’activité ?
D’abord ce n’est pas un complément d’activité, dans le sens où cela ne demande pas de travail ; c’est un complément de revenu, strictement lié à un investissement capitalistique. En second lieu, on n’a pas à chercher des compléments de revenus pour les agriculteurs dans des rentes extérieures ! Le travail des agriculteurs doit leur assurer un revenu. C’est au travers de la maîtrise et de la répartition des productions, le développement de régulations publiques, une autre organisation du commerce agricole et alimentaire international que l’on apportera les réponses aux problèmes de revenu des agriculteurs. Enfin, on ne manquera pas d’être surpris que, simultanément, les pouvoirs publics : libéralisent les pratiques économiques pour les produits agricoles, aboutissant à un refus de garantir des prix, même à trois mois ; organisent une rente au travers des investissements photovoltaïques avec des prix garantis sur 20 ans.

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