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La position des syndicats

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• CGB : « Garantir un prix minimum de 22 E/t de betterave »

La CGB, Confédération générale des planteurs de betteraves, s’appuie sur dix ans de production d’éthanol en France, premettant de produire l’ETBE, pour dire que les prix ont varié sur cette période dans une fourchette de 15 à 25 euros/tonne. « Nous voulons que le prix de la betterave éthanol continue d’être indexé sur le prix de l’éthanol,explique Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. Or, actuellement, nous considérons que le marché mondial du bioéthanol permet de garantir au producteur un prix minimum de la betterave de 22 euros/tonne. Nous voulons que, dans les contrats, figurent à la fois le volume d’engagement et le prix».

• AGPB : « il faut faire confiance à la coopération »

Pour l’AGPB, il faut que le bioéthanol soit mis en place dans une démarche « gagnant-gagnant » pour tous les acteurs de la filière. « Mais on ne peut pas garantir le prix du blé éthanol sans connaître l’évolution des marchés. Or la filière est en train de se créer. Certains voudraient qu’il y ait déjà un prix de référence. C’est impossible », considère Jean-François Loiseau, membre du bureau de l’AGPB en charge du dossier bioéthanol et président de la coopérative Ligéa. « En 1993, quand on a commencé la production de colza diester, le prix du colza industriel était à la moitié du prix de l’alimentaire, et aujourd’hui c’est le colza diester qui est devenu directeur. On ne dit pas que ce sera la panacée, mais les coopératives sont là pour apporter la rémunération la plus juste à leurs adhérents. Il faut leur faire confiance », poursuit-il.

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• CR : « Même en donnant le blé, la filière éthanol n’est pas rentable »

Pour la Coordination rurale, la mise en place de la filière éthanol est symptomatique du mal agricole français : on met en place des outils de transformation à grande échelle sous prétexte de créer de l’activité, en oubliant de se poser la question : est-ce rentable pour l’agriculteur ? Le syndicat doute de l’avenir à long terme de la défiscalisation, passé récemment de 36 à 33 euros par hectolitre. « Une tonne de blé produit 3,45 hl d’éthanol. La défiscalisation actuelle de 33 E/l d’éthanol représente donc un soutien de la part de l’Etat de 114 E/t au blé utilisé comme matière première de ce carburant. Même en donnant le blé, la filière éthanol n’est pas rentable », explique François Lucas, président de la CR. Il constate que le différenciel entre le prix du blé alimentaire (140 euros/tonne) et celui proposé en éthanol (75 à 80 euros/tonne actuellement) ne peut pas être compensé par l’aide aux cultures énergétiques (45 euros/hectare). « Il n’y a pas de valeur ajoutée disponible pour le producteur, et il est préférable de s’engager durablement dans le blé combustible, présentant un bien meilleur rendement énergétique», insiste-t-il.

• La Confédération paysanne condamne l’absence de garantie de prix

Pour la Confédération paysanne, l’E85 va être une dépense supplémentaire pour le contribuable en raison de la défiscalisation adoptée. Le manque à gagner pour l’Etat sera de 0,56 euro/litre d’éthanol, « perte de recettes fiscales qui se répercutera forcément par ailleurs ». Pour le syndicat, les industriels sont les grands gagnants puisque l’Etat leur réserve 0,33 euros/litre en complément de leur prix de vente de l’éthanol. « Quant aux agriculteurs, ils ne disposent d’aucune garantie de prix concernant les matières premières », souligne la Confédération paysanne qui va organiser un colloque sur les enjeux énergétiques de l’agriculture à Reims les 16 et 17 novembre 2006. Elle est, elle aussi, favorable au développement des filières courtes, telles que celle de l’huile végétale pure, « qui pourraient garantir un revenu pour l’agriculteur, de meilleurs bilans énergétique et environnementaux ».