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La PPL « mieux manger » fait flop à l’Assemblée

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Versement d’une prime alimentaire pour les plus précaires, plus de menus végétariens dans les cantines, fin des nitrites dans la charcuterie. La proposition de loi des députés écologistes n’a pas passé l’étape de la séance publique.

La proposition de loi (PPL) « visant à mieux manger en soutenant les Français face à l’inflation et en favorisant l’accès à une alimentation saine » du groupe écologistes-Nupes a été rejetée lors de son examen en séance publique, le 6 avril. « Malgré la forte mobilisation des écologistes, le gouvernement, Renaissance, LR et le RN s’unissent contre une alimentation de qualité et accessible ! Aux riches l’alimentation de qualité, aux plus précaires les nitrites et la malbouffe », se sont indignés sur leur compte Twitter les députés du groupe écologiste à l’issue du vote.

Sur 265 députés votants, 138 ont voté contre l’adoption du texte et 121 ont voté pour, six se sont abstenus.

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Opposition de la droite et du centre

La PPL des députés écologistes avait déjà été vidée de sa substance en commission des Affaires économiques. La création d’une prime alimentaire de 50€ par personne et par mois pour les plus modestes, mesure phare du texte, avait été remplacée par un amendement de réécriture de la majorité. Ce dernier s’inscrivait dans la droite ligne de l’expérimentation du chèque alimentaire, déjà annoncée par le gouvernement. Les arguments des opposants à la prime alimentaire des Verts ont été nombreux. « La politique du chèque coûte cher », pointe-t-on du côté des Républicains, favorables « à des aides durables et profitables à tous ». Au Rassemblement national, la proposition est aussi jugée « trop réductrice » car elle ne touche « qu’une partie des Français ». Les députés Modem, alliés de la majorité, soulèvent quant à eux « l’impossibilité de flécher » la prime vers « des produits de qualité ».

Les deux autres propositions – l’obligation de proposer deux repas végétariens par semaine ou une alternative végétarienne quotidienne dans les cantines scolaires et l’interdiction des additifs nitrés dans les charcuteries – n’ont pas remporté davantage de soutien au centre et à droite de l’Hémicycle. À l’exception du député Richard Ramos et du groupe Modem qui ont réaffirmé leur engagement pour la fin des nitrites. Les opposants à l’article portant sur les menus végétariens dans les cantines ont notamment pointé les difficultés techniques rencontrées par les petites collectivités pour proposer un menu végétarien hebdomadaire, rendu obligatoire par la loi Climat. La députée de la majorité et agricultrice bio Sandrine Le Feur regrette dans un post Linkedin le rejet de sa proposition d’instaurer un choix de menu végétarien lorsque l’établissement propose déjà un choix entre différents menus, exprimant « sa vive déception ».

Déjà vidée de sa substance en commission des Affaires économiques