Des représentants de 22 États membres de l'UE, de multinationales de l'agroalimentaire et d'organisations de patients ont apporté leur soutien à une feuille de route présentée par la présidence néerlandais de l'UE le 22 février à AmsterdamE. L'objectif principal de cette feuille de route est de rendre les produits alimentaires plus sains en diminuant leur teneur en sel, en graisses saturées et en sucres.
Les participants à la conférence de haut niveau sur l'amélioration des produits alimentaires, le 22 février à Amsterdam, ont exprimé un large soutien à la feuille de route présentée à cette occasion par la présidence néerlandaise. Ils ont notamment reconnu l'urgence d'une action commune pour réduire la teneur en sel, en graisses saturées et en sucres ajoutés (calories) des produits alimentaires et les rendre ainsi progressivement plus sains. « Surpoids, obésité et autres affections liées à l'alimentation sont largement répandus en Europe et provoquent de nombreux problèmes de santé publique », a indiqué Edith Schippers, la ministre néerlandaise de la Santé. Selon elle, un des facteurs qui y contribuent est une alimentation malsaine, en particulier « la consommation excessive de sel, de sucre et de graisses saturées ». Souhaitant que le choix de la facilité rime avec bonne santé, les Pays-Bas veulent notamment améliorer la composition des produits alimentaires, afin d'éviter qu'une alimentation normale ne se traduise par l'ingestion de trop de substances malsaines (par exemple trop de sel). Les responsables néerlandais estiment important d'élaborer une approche européenne, car il existe, au sein de l'UE, de nombreux flux d'importation et d'exportation de produits alimentaires. La réalisation de cet objectif passe, selon la présidence de l'UE, par « un partenariat entre les secteurs public et privé, rassemblant autant des experts des États membres et de l'industrie alimentaire que des représentants des organisations de patients et de consommateurs ». Aux yeux de la ministre de la Santé des Pays-Bas, « l'industrie alimentaire, les traiteurs, les restaurants, les cantines, les supermarchés et d'autres fournisseurs de produits alimentaires sont des acteurs clés dans la feuille de route. Leur rôle n'est pas seulement crucial pour la santé des citoyens mais crucial aussi pour leur propre avenir ». Elle se dit convaincue que « la production d'aliments, à la fois sains et savoureux, donnera aux entreprises dans le monde entier de nombreuses opportunités commerciales ».
CONVAINCRE PLUS DE PAYS
Edith Schippers s'est dite « très satisfaite de la large adhésion exprimée » à l'égard de la feuille de route de la présidence néerlandaise. « Nous avons déjà le soutien de 24 pays européens (22 Etats membres de l'UE + la Norvège et la Suisse, ndlr). Certains manquent encore à l'appel. Je fais le maximum pour convaincre tous les États membres mais le plus important dans l'immédiat est de se mettre au travail afin de ne pas prendre de retard ». Pour le ministre néerlandais de l'Agriculture, Martijn van Dam, « l'innovation est cruciale pour permettre à l'industrie agroalimentaire d'offrir des produits plus sains ». Selon lui, « la coopération est capitale car le citoyen européen remplit son assiette de produits venant des quatre coins de l'UE ». L'objectif de la conférence d'Amsterdam était de faire prendre conscience à toutes les parties prenantes de l'importance d'une approche européenne et d'encourager un grand nombre d'États membres et d'entreprises à adopter une feuille de route en vue d'améliorer progressivement la qualité sanitaire des produits. La présidence néerlandaise considère que la conférence d'Amsterdam constitue l'amorce des conseils formels et informels qui réuniront prochainement les ministres de la Santé de l'UE et au cours desquels des décisions politiques doivent être prises sur ce dossier clé de la qualité sanitaire des produits alimentaires.
SOUTIEN DE L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE EUROPÉENNE
Dans son intervention à la conférence d'Amsterdam, Gilles Morel, le président de FoodDrinkEurope, a salué l'initiative de la présidence néerlandaise « qui souhaite mettre la reformulation des produits alimentaires au sommet de l'agenda politique de l'UE ». Il a précisé que son organisation est « impatiente de partager les expériences et activités de ses industries membres et de contribuer de manière constructive à la réalisation des objectifs de la feuille de route. Notre industrie a une grande expérience dans ce domaine et a produit des résultats significatifs . Ce qui réjouit Gilles Morel est le fait que la feuille de route met l'accent sur la collaboration et l'échange public-privé au niveau européen, une manière de reconnaître, selon lui, « la nécessité pour les gouvernements nationaux, les exploitants du secteur alimentaire, la Commission européenne, l'OMS et les ONG à coordonner leurs actions ». Le patron de FoodDrinkEurope s'est plu à rappeler que l'industrie alimentaire et des boissons « a déjà pris de nombreuses mesures pour développer des produits alimentaires reformulés, à la fois dans le cadre de ses engagements envers la Plate-forme d'action européenne sur l'alimentation, l'activité physique et de la santé depuis 2005, et par l'in-termédiaire des initiatives particulières du secteur ».