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Lait de consommation La pression extérieure a eu raison de l’embellie de 2008

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La très relative « résistance » du marché intérieur de lait de consommation aurait du maintenir à flot l’activité des fabricants l’an dernier. En réalité, la pression sans précédent des importations et la dégringolade des exportations menacent le secteur d’asphyxie.

Les fabrications de lait de consommation ont reculé plus fortement l’an dernier, passant de 3,8 à 3,6 millions de tonnes (-4,5%), un niveau historiquement bas par rapport aux 3,97 MT …de 1990. Le chiffre, présenté lors de la dernière assemblée du syndicat des fabricants (Syndilait), est tout à fait décevant alors que l’érosion des volumes consommés sur le marché intérieur restait modérée depuis deux ans pour se situer à 3,6 MT également (-1,1 %). Difficile donc de ne pas accuser les données très négatives du commerce extérieur : amorcée en 2008 sa dégradation s’est accentuée l’an passé avec des exportations en chute de -16 % en volume à 314 800 tonnes et de - 22% en valeur à 170 millions d’euros. Pire, les importations ont bondi de 38 % à 261 000 tonnes ; ce qui reste de solde positif se contracte encore en volume de 16% (après 25% en 2008) et de 5,3% en valeur à moins de 60 millions d’euros.
Sur le marché français, la remontée surprise des ventes en GMS de 2008 est déjà oubliée, avec une rechute de 0,2 % en volume et de 1,9% en valeur. En revanche, depuis le début de 2010, si dans son ensemble le segment des laits liquides est parfaitement stable, de gros contrastes se font jour entre catégories : +12,1% pour le bio, -3,8% pour le lait frais, +28,2% pour les laits vitaminés, -30% pour les laits au rayon bébé, -17% pour les enrichis, …

Boom des laits vitaminés
En fait déjà en 2009, dans ce circuit (hypers, supers et hard discount), qui totalise 2,87 milliards de litres vendus, seuls les laits spécifiques étaient en hausse de 5,4% à 304 000 litres : si les laits enrichis chutent de près de 20%, les laits 1er et 2è âge de 5,6% et les laits de croissance de 1,8%, les vitaminés font au contraire un bond de 17% à 146 000 litres et les aromatisés progressent de 4,1% à 31 500 litres. Ces évolutions corrigent un peu celles de 2008, qui avaient été négatives pour tous les laits spécifiques sans exception.
En 2009 toujours, les marques nationales ont encore perdu du terrain (-3,2% après -7,8% en 2008) au profit des MDD (+3%) ; quant aux premiers prix, qui progressaient un an plus tôt, ils régressent un peu (-1,1%). La progression du format bouteille s’est accentuée en gagnant 2 points de part de marché, soit bientôt un litre sur deux (46,5%).

Les baisses de prix peu répercutées
Les niveaux de prix qui avaient tant marqué les esprits depuis 2007 se sont assagis : les prix sortie d’usine, sur une base 100 en 2005, se situaient à 99 en 2006, à 106 en 2007 et à 123 en 2008 en raison de la hausse du lait matière première, mais ils sont retombés à 111 en 2009.
Pour autant, les prix à la consommation pour l’ensemble « lait+crème » ont très peu baissé tout au long de 2009, ce qui traduit une nette revalorisation des marges de la distribution ; en fin d’année l’indice affiche une baisse de seulement -4,3%. Et le prix moyen consommateur s’établit pour le lait liquide à 0,81 euro le litre en 2009, en retrait de 1,7% sur un an.

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