Comment rendre accessible l’alimentation de qualité au plus grand nombre ? WWF et Eco2 initiative ont montré dans une étude publiée le 9 novembre qu’il est possible de « manger mieux » à coût constant. Deux jours avant, l’Inra montrait que la pédagogie auprès des foyers volontaires et en difficulté financière pouvait accompagner le passage à l’acte.
En une semaine, deux études ont montré que rendre accessible une alimentation de qualité aux personnes en difficulté financière sur la base du volontariat est possible. L’association WWF France et le bureau d’études Eco2 initiative ont publié une étude le 9 novembre sur « une alimentation bas carbone, saine et abordable ». Celle-ci a permis « de comparer différents paniers alimentaires correspondant aux consommations hebdomadaires des ménages français et d’en évaluer l’impact carbone et la qualité nutritionnelle ». L’objectif est de « construire un panier alimentaire durable » sans que son « coût n’excède celui du panier alimentaire moyen actuel ».
Qu’est-ce que le « manger mieux » ?
L’étude définit l’assiette (consommation moyenne d’une personne par jour) visée pour répondre aux critères d’une alimentation bas carbone, saine et abordable. Cette assiette « durable » est appelée assiette flexitarienne. Elle est composée de 2/3 de protéines végétales contre 1/3 de protéines animales. Sa composition intègre des paramètres sur la transition énergétique, la satisfaction des besoins nutritionnels ou encore économiques. L’assiette actuelle a été composée à partir de 163 aliments les plus consommés par les Français. Pour passer à l’assiette flexitarienne, il faut diminuer la viande (-31 %) les produits transformés (-69 %) ou encore les produits à base de farines raffinés (-46 %) au profit de farines complètes et une augmentation de la part des légumes, céréales et légumineuses. Ainsi, le passage à l’assiette flexitarienne permet « d’introduire près de 50 % de produits labellisés à un coût quasi identique (189 € contre initialement 187 €) ».
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« L’adoption d’un tel régime nécessiterait des changements culturels et économiques mais également des incitations publiques et privées fortes pour y arriver », commentent WWF France et Eco2 initiative. Autrement dit : plus facile à dire qu’à faire. Une équipe de chercheurs de l’Inra s’est intéressée à une méthode de prévention pour accompagner une modification « favorable » des comportements alimentaires à coûts constants. Publiée dans la revue Current developments in nutrition, l’étude révèle une augmentation (d’un facteur 1,4) de la part des fruits et légumes et une diminution (d’un facteur 2) de celle des produits riches en matières grasses, sel et sucre dans les paniers des consommateurs.
Des ateliers collectifs
Le programme de prévention étudié, intitulé Opticourses, consiste en cinq ateliers collectifs de deux heures (six à douze personnes), espacés de quinze jours chacun. Chaque atelier est basé sur des activités ludiques et des outils concrets autour des pratiques d’achats alimentaires sur la qualité nutritionnelle et le prix des aliments. Les conséquences de la participation à ces ateliers ont été évaluées à l’aide d’un jeu dans lequel il a été demandé aux participants de faire une liste de courses virtuelle pour leur foyer pour deux jours. « Les participants sont informés qu’ils peuvent bénéficier d’un bon d’achat de 10 euros s’ils concrétisent dans un magasin leur liste virtuelle, le ticket de caisse faisant foi », précise un communiqué de l’Inra, le 6 novembre. « Il ne s’agit pas d’une incitation financière à acheter ce qu’on leur dit d’acheter, précise Nicole Dormon, chercheuse à l’Inra. S’ils achètent des sodas et des barres chocolatées, ils bénéficient aussi des 10 euros. L’objectif est qu’ils concrétisent dans un magasin leur liste virtuelle ».
Cinq ateliers collectifs de deux heures autour des pratiques d’achats alimentaires sur la qualité nutritionnelle et le prix des aliments.