« Chacun doit se sentir responsable pour retarder sa dépendance », estime Gérard Pelhate. S’exprimant lors de l’assemblée générale des anciens exploitants de la FNSEA le 18 mars, le président de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA), a insisté sur « l’importance de la prévention pour retarder la perte d’autonomie des personnes âgées ». Dans le cadre de la prestation de couverture de la perte d’autonomie souhaitée par le président de la République, Gérard Pelhate, propose notamment « la création d’une caisse de prévoyance obligatoire où les actifs cotiseraient pour pallier au risque de perte d’autonomie ». Quant à l’épineux dossier du financement du régime social agricole, le président de la MSA attend « des réponses d’ici juin » de la part du ministre Eric Woerth notamment.
Quelles sont les actions que met en place la MSA pour retarder la dépendance des personnes âgées ?
Le vieillissement est une chance pour notre société. Nous gagnons chaque année en moyenne un trimestre d’espérance de vie. Mais la prévention est indispensable pour repousser l’arrivée de la dépendance. En moyenne, on estime que sur 22 ans de vie à la retraite, il y a 7 mois de perte d’autonomie. Chacun doit se sentir responsable pour retarder sa dépendance en mobilisant chaque jour ses capacités physiques et intellectuelles. La MSA n’a pas attendu la mise en place du plan Bien Vieillir du gouvernement en 2007, pour développer des actions de prévention. C’est le cas notamment du programme Pac Eureka, pour l’activation de la mémoire, qui existe depuis 1989. Avec les Ateliers Equilibre, nous diminuons le risque, la fréquence et la gravité des chutes chez les personnes âgées de plus de 55 ans. Nous avons également mis en place les Ateliers du Bien vieillir. Ce sont six séances d’une demi-journée avec à chaque fois un thème, comme le sommeil, l’activité physique, les médicaments…
Comment sont financées ces actions ? Observez-vous des résultats positifs sur les personnes qui ont bénéficié de ces journées de sensibilisation et formations ?
Ce sont principalement les caisses qui assurent le financement avec une participation forfaitaire des participants pour certains dispositifs, de l’ordre de 20 euros par exemple pour le Pac Eureka. Concernant les Ateliers Bien Vieillir, une évaluation a mis en évidence des changements de comportement significatifs. Par exemple : 75 % des seniors consomment 1 à 1,5 litre d’eau par jour après avoir participé aux ateliers contre 49 % avant. 60% des seniors consomment au moins trois fruits et légumes par jour après les ateliers contre 30 % auparavant. Ces Ateliers ont rencontré un tel succès qu’ils ont été intégrés au plan national Bien Vieillir 2007-2009 mis en place par les pouvoirs publics.
Lorsque la perte d’autonomie est là, quelles sont les aides que met en place la MSA ?
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Nous ne pouvons pas financer toutes les demandes. Nous devons faire des choix et mieux cibler nos soutiens sur les moments les plus difficiles. Nous considérons par exemple que les personnes âgées autonomes peuvent bénéficier d’aides de leur famille ou de leurs proches. C’est le cas notamment du financement des aides ménagères qui ne nous apparaît pas une priorité dans le cas de personnes valides. Nous préférons axer nos soutiens sur le financement des retours à domicile après l’hospitalisation ou lors d’aggravations de l’état de santé. Depuis une dizaine d’années, nous participons au développement de l’Accueil familial pour personnes âgées ou handicapées. Cette formule d’hébergement personnalisé offre une bonne alternative à la prise en charge par une institution. Par ailleurs, l’accueil familial participe au développement et à l’aménagement des territoires ruraux : il apporte un revenu de complément, il conforte ou crée des emplois, il ralentit la désertification des campagnes…
Comment est financée aujourd’hui l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ? Comment répondre à toutes les demandes dans l’avenir ?
Nous ne gérons pas directement l’APA car cela ne relève pas de la Sécurité sociale, mais cela touche nos ressortissants. Aujourd’hui, cette aide est financée à 70 % par les conseils généraux via les impôts locaux et par la Caisse nationale de solidarité autonomie, via le lundi de pentecôte et les cotisations patronales. Dans l’avenir, l’augmentation du nombre de personnes âgées va poser un problème sur le financement. Il faudra trouver d’autres sources de financements. Le président de la République a fait de ce sujet un de ses chevaux de bataille en souhaitant la mise en place d’une prestation de couverture de la perte d’autonomie. La Caisse nationale de solidarité autonomie sera chargée de la mettre en œuvre. Dans ce cadre, j’ai fait des propositions. Je pense que les retraités imposables doivent jouer la solidarité entre eux en ayant le même taux de prélèvement CSG que les actifs. Une autre voie possible serait la mise en place d’une caisse de prévoyance obligatoire où les actifs cotiseraient à partir de 50 ans pour pallier au risque de perte d’autonomie. En revanche, je suis fortement opposé à ce que l’on réactive le remboursement sur succession.
Où en est le problème du financement du régime social agricole ?
Les ministres Eric Woerth et Michel Barnier ont pris l’engagement d’apporter très prochainement une solution au financement du Fonds de financement des prestations sociales agricoles (Ndlr : Ffipsa). Nous avons l’assurance que la partie retraites est à la charge de l’Etat, soit 1 milliard d’euros sur les 2 milliards qu’il manque chaque année. Sur la partie maladie, des propositions vont être faites pour le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (Ndlr : PLFSS) 2009. Nous insistons sur le fait que le déséquilibre du budget maladie des exploitants agricoles s’inscrit dans un contexte de déséquilibre global de l’Assurance maladie, concernant l’ensemble des régimes de protection sociale. Au nom de l’équité sociale, les solutions doivent être envisagées de la même manière pour le régime des exploitants agricoles que pour les autres régimes. Nous espérons avoir des réponses d’ici juin, avec les premières moutures du PLFSS.