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Méthanisation La prime pour la méthanisation des effluents d’élevage revalorisée

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C’était l’une des annonces du plan pour la méthanisation. Après l’étude d’un projet d’arrêt, la revalorisation de la prime pour l’intégration d’effluents d’élevage dans les méthaniseurs vient d’être revue à la hausse et fait l’objet d’un décret publié au Journal officiel du 7 août.

Pour favoriser la méthanisation agricole des effluents d’élevage, la prime dédiée aux installations valorisant les déjections animales agricoles a été revue à la hausse. Le calcul des nouveaux tarifs fait l’objet d’un arrêté publié le 7 août au Journal officiel. Cette augmentation de la prime pour les effluents d’élevage avait été l’une des annonces des ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie lors de la présentation, le 29 mars, du plan français pour Energie méthanisation autonomie azote (Emaa). En effet, faire digérer par un méthaniseur les effluents d’élevage présente certes plusieurs avantages : produire de l’électricité, tout en gérant mieux les déjections animales susceptibles de polluer les eaux et l’air. Mais la rentabilité économique n’est pas forcément au rendez-vous, car les déjections animales produisent relativement peu d’énergie. On dit qu’elles sont peu « méthanogènes ». Nettement moins, en tout cas, que des cultures, ce qui explique l’engouement allemand pour ajouter du maïs directement dans le méthaniseur – plutôt que de le vendre pour l’alimentation. Pour éviter un tel scénario et développer, selon leurs mots, une méthanisation « à la française », les ministères ont souhaité donner un coup de pouce à la méthanisation des effluents d’élevage. La prime créée en mai 2011, vient d’être revalorisée. Pour les installations de puissance comprise entre 150 et 300 kW, la prime maximale passera ainsi à 2,6 centimes d’euros par kilowattheure produit (la fourchette actuelle variait de 201 à 206 cts/kWh). Entre 300 à 500 kilowatts, la prime maximale est comprise entre 2,1 et 2,6 cts/kWh (alors qu’elle variait de 1,53 à 2,1 cts). Enfin, entre 500 et 1 000 kW, elle sera comprise entre 0 et 2,1 cts/kWh (auparavant plafonnée à 1,53 cts).
 
CRE : attention à l’effet d’aubaine
Ce décret s’appuie pour partie sur une délibération rendue le 20 juin par la Commission de régulation de l’énergie, publiée elle aussi le 7 août, et qui concluait notamment que les tarifs proposés dans le projet d’arrêté « permettent de rentabiliser les projets efficaces de plus de 100 kW. Le cumul des tarifs avec des subventions, par exemple pour les projets retenus dans le cadre des appels d’offres lancés par le ministère en charge de l’agriculture, induirait des rentabilités élevées. Les rentabilités les plus élevées sont atteintes pour les projets d’une puissance comprise entre 300 et 1 000 kW. ». Mais elle ajoute : «  La CRE identifie un risque d’atteindre des rentabilités plus de deux fois supérieures à la valeur de référence dans le cas d’installations qui présentent de faibles coûts d’investissement (de l’ordre de 5 300 €/kW) et une forte efficacité énergétique, et qui perçoivent des redevances pour plus de la moitié de leur approvisionnement ». D’où son avertissement « sur l’importance de prévoir une dégressivité des tarifs suivant le rythme de développement de la filière ou leur révision régulière ».

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