Abonné

Nutrition animale La production d’aliments pour le porc prévue en baisse en 2013

- - 4 min

La fabrication d’aliments du porc est prévue en forte baisse pour 2013 par le Syndicat national des industries de la nutrition animale (Snia). C’est au cours d’une conférence de presse qui se tenait à Paris le 10 janvier que le Snia a présenté des perspectives de production inquiétantes, mais aussi ses 18 propositions pour « enrayer le déclin de l’élevage français ».

«Nous prévoyons pour 2013, une chute de 5 à 7% de la fabrication d’aliments pour les porcs », a annoncé Alain Guillaume, président du Syndicat national des industries de la nutrition animale (Snia), lors d’une conférence de presse qui se tenait à Paris le 10 janvier. La filière porcine est au cœur des préoccupations dans la mesure où 2012 avait déjà été une année difficile avec une baisse estimée de 2,2% de la fabrication d’aliments. Si la filière bovine s’en sort mieux en 2012 (+2,4%) et certainement en 2013 (+2,4% également), la production d’aliments toutes espèces confondues ne dépasse pas la barre du zéro en 2012 (-0,2%) et probablement pas non plus en 2013 (-1,5% à -2%). Cette tendance est le prolongement malheureux du scénario qui se déroule depuis plusieurs années. « La France a perdu sa place de premier producteur d’aliments d’Europe il y a deux ans, au profit de l’Allemagne », a rappelé Stéphane Radet, directeur du Snia. Ce déclassement est révélateur d’une production française d’aliments qui est en baisse continue depuis les années 1990.
Et c’est bien parce que le niveau de production d’aliments reflète l’état de l’élevage français que le Snia renouvelle son soutien à l’élevage porcin. En 2012, la flambée du prix des matières premières a coûté un milliard d’euros supplémentaire aux fabricants d’aliments. 600 millions d’euros ont dû être répercutés sur les éleveurs : l’effet tampon des industries de la nutrition animale a ses limites. « Les adhérents ont fait leur boulot face à la hausse des coûts de production. Maintenant, c’est à la distribution d’offrir de la visibilité aux éleveurs pour qu’ils puissent dégager leurs productions à des prix rémunérateurs », rappelle-t-on au Snia.

Trois enjeux majeurs

Face aux difficultés que rencontre l’élevage, le Snia a fait part de 18 propositions « pour enrayer le déclin de l’élevage » à Alain Berger, délégué interministériel à l’agroalimentaire, en décembre 2012. Ces propositions gravitent autour de trois enjeux : les matières premières, l’industrie et l’élevage. Pour le premier enjeu, un des mots d’ordre est la mise à disposition « d’une palette » plus large et plus compétitive de matières premières pour les fabricants d’aliments. Cela passera notamment par un soutien accru à la recherche et à l’innovation sur les protéagineux. « Le pois est en perte de vitesse », constate Stéphane Radet. Pourtant, les intérêts sont économiques (réduction de la dépendance aux importations) et agro-environnementaux (fixation de l’azote). Concernant l’enjeu industriel, le Snia « ne dit pas s’il faut ou non utiliser les protéines animales transformées (PAT) ». Mais le syndicat alerte les pouvoirs publics : si les conditions d’utilisation des PAT actuellement en discussion à Bruxelles sont retenues, très peu d’installations françaises seront en mesure de les remplir. Ce ne sera pas le cas chez nos voisins du nord de l’Europe qui gagneront encore en compétitivité. Autre point fortement soutenu par la profession, les interdictions et les restrictions de circulation. « Il faut une dérogation permanente pour le transport de l’alimentation et des animaux », explique le président du Snia. Par ailleurs, un élevage affaibli, c’est une menace directe pour les fabricants d’aliments. Parmi les 18 propositions, le Snia demande très clairement que les aides de la Politique agricole commune (PAC) soient orientées en priorité vers l’élevage. Autrement dit, les céréaliers ne sont pas prioritaires au regard du repli continu de l’élevage. Alain Guillaume ajoute que l’Etat doit s’assurer que les banques soutiennent les éleveurs. « En effet, sur le terrain, nous constatons un très net désengagement des banques », regrette-t-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.