Après la crise de la grippe aviaire, la production de foie gras a rebondi en 2018, sans toutefois retrouver le niveau de 2015.
Le Cifog (interprofession des palmipèdes à foie gras) a chiffré le 28 mars à 18 986 t le volume de foie gras mis sur le marché, dont une production française de 16 818 t (contre 11 630 t en 2017). Les ventes en grande distribution sont reparties à la hausse l’an dernier, tant en volume (+2,8 %) qu'en valeur (+3,4 %). « Nos résultats sont bons, voire très bons, s'est réjoui le président Michel Fruchet. On a amorcé un retour sur le marché français. » Lors des fêtes de fin d'année, les ventes en GMS ont progressé de 7,6 % en volume, et ce malgré les manifestations des « gilets jaunes ». « La fin d'année a été très compliquée, répartie sur quatre jours, les 23, 24 puis 30 et 31 décembre », déplore le patron du Cifog, alors qu’« il y a vingt ans, les ventes démarraient dès octobre ».
Des volumes inférieurs au niveau d’avant crise
« On retrouve le chemin de la croissance mais sans atteindre le niveau d'avant-crise », reconnaît la directrice Marie-Pierre Pé. En 2015, plus de 19 242 t avaient été produites en France, avec des ventes de 4 046 t en GMS pendant les fêtes, soit 600 t de plus qu'en 2018 à cette période.
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Les exportations remontent aussi (2 032 tonnes contre 1 817 tonnes en 2017) grâce notamment aux autorisations de certains pays, comme le Japon qui avait banni le produit pendant l'épidémie de grippe aviaire. La balance commerciale reste excédentaire sur 2018, à 18,4 M€ mais encore bien loin des quelque 57 M€ sur 2015. Les importations de foie gras, principalement de Hongrie ou de Bulgarie, ont bondi l’an dernier de 12 % en valeur quand les exportations n'ont progressé que de 6 %.
Dans leur plan de filière, les professionnels visent 100 M€ d’excédent commercial. Cela passe, d’après le Cifog, par la conquête de nouveaux marchés, notamment la Chine qui vient de lever son embargo sur la volaille française. L’interprofession planche aussi sur l’identification du foie gras made in France, avec un logo « dès l’automne » prochain. Cette démarche vise « un double objectif », explique Michel Fruchet : « offensif », car à l’international, la production tricolore est associée au luxe ; et « défensif », vu les garanties apportées en termes de sécurité sanitaire.
« La fin d'année a été très compliquée », selon Michel Fruchet