Abonné

Luzerne déshydratée La production est nettement insuffisante

- - 3 min

La production de luzerne déshydratée est nettement insuffisante, a indiqué Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France Déshydration, le 6 novembre lors d’une conférence de presse : la demande de luzerne pour l’alimentation animale augmente, des marchés à l’export s’ouvrent, tandis que la luzerne bénéficiera bientôt d’une autorisation de mise en marché pour l’alimentation humaine.

Les superficies cultivées en luzerne ont diminué de 15 à 20 % en trois ans. Elles risquent de régresser encore de 5 à 6 % en 2008. Raison principale : une partie des aides spécifiques à la luzerne a été fondue dans le découplage, a indiqué Jean-Pol Verzeaux, à une semaine de l’assemblée générale de Coop de France déshydratation, la confédération des coopératives spécialisées.

Cette plante a pourtant des vertus écologiques : elle est économe en engrais azotée et en eau, et attire les abeilles, a-t-il précisé.

Dans le même temps, la luzerne est recherchée par les fabricants d’aliments du bétail, maintenant confrontés à un début de hausse des prix du soja, principale source de protéine. En outre, les élevages de poissons d’élevages commencent à s’intéresser au produit. De plus, le Maroc, les pays du Moyen-Orient et le Japon en recherchent pour leurs élevages laitiers.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Valeur ajoutée et économies d’énergies

Enfin, un marché pour l’alimentation humaine devrait émerger. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) rendra, dans quelques mois, un avis qui devrait permettre la mise sur le marché de concentrés de luzerne dans l’agroalimentaire, dans des alicaments et dans les rations d’urgence d’opérations humanitaires, a ajouté le président des déshydrateurs.

Les professionnels vont s’occuper eux-mêmes de rendre la luzerne plus rémunératrice. Ils vont regrouper dans la mesure du possible leurs sites de déshydratation. Ils vont encourager le pressage de la luzerne, procédé qui permet d’économiser 30 à 40 % de l’énergie par rapport à la voie classique de déshydratation. Or, justement, la production de concentrés protéiques pour l’alimentation humaine est issue du procédé de pressage. Le pressage facilite par la suite le fractionnement du produit : on peut en faire des jus de luzerne, des poudres, en extraire les omégas 3. Autant de produits à forte valeur ajoutée.

Enfin, les professionnels comptent poursuivre le recours aux énergies renouvelables. Une usine du Loiret s’est reconvertie au bois-énergie, une autre utilise du biogaz. La piste du séchage solaire au champ est étudiée dans la Marne, au centre de recherche ARD (Agro-industrie recherches et développements), détenu par les coopératives céréalières, sucrières et de déshydratation de luzerne.