La production d’énergies renouvelables dans l’UE continue de progresser et reste sur la bonne trajectoire pour atteindre les objectifs européens. La consommation de biocarburants est repartie à la hausse en 2014. Les investissements dans la production d’électricité à partir de biomasse ont été importants. Par contre, la filière biogaz pourrait marquer le pas.
L’édition 2015 de l’état des énergies renouvelables en Europe que vient de publier EurObserv’ER estime qu’elles représentaient 15,9 % de l’énergie consommée dans l’UE en 2014, soit une part multipliée par deux depuis 2004 (8,5 %) et près d’un point gagné par rapport à 2013. Ce qui place l’UE sur la bonne trajectoire pour atteindre son nouvel objectif de 27 % d’ici 2030. Dans un rapport sorti au même moment, l’Agence européenne de l’environnement évalue cette part à 15,2 % mais indique que des données récentes pourraient porter ce chiffre à 16 %.
Toutefois, souligne EurObserv’ER, ce bon résultat est principalement la conséquence des effets du réchauffement climatique à l’origine d’une baisse de la consommation d’énergie du fait d’un hiver plus doux dont profitent surtout les énergies renouvelables au détriment de leur équivalent fossile. Cette hausse s’explique également par une augmentation de la consommation d’énergie renouvelable dans les transports (0,9 méga tonne équivalent pétrole supplémentaire) contrebalancée par une diminution de la consommation de la chaleur renouvelable qui, à l’échelle de l’Union européenne, perd 2,2 Mtep.
Manque d’investissements dans le biogaz
L’ensemble des filières biomasse (biomasse solide, biogaz, déchets urbains renouvelables, biomasse liquide) voit sa contribution à la production d’électricité renouvelable augmenter de 8,7 TWh (+ 5,5 %). Parmi elles, l’électricité biomasse solide, portée par la conversion de centrales à charbon britanniques, gagne 3,6 TWh (+ 4,4 %) et l’électricité issue du biogaz gagne 3,4 TWh (+ 6,3 %).
En 2014, la production de biogaz de l’UE est estimée à près de 14,9 Mtep, soit une croissance de 6,6 % par rapport à 2013. Mais les investissements dans le secteur sont au ralenti, notamment depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi énergétique en Allemagne qui vise une production beaucoup moins axée sur l’utilisation de cultures énergétiques. Le rapport souligne que pour se relancer, la filière a besoin de décisions rapides quant aux critères environnementaux de la production.
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Croissance du biodiesel
Après une baisse en 2013, la consommation de biocarburants dans les transports de l’UE est repartie à la hausse en 2014 à 14,1 Mtep, soit une croissance de 7,6 % (1 Mtep de plus qu’en 2013), mais elle ne retrouve pas encore son plus haut niveau enregistré en 2012 (14,5 Mtep). Cette augmentation est uniquement due à une contribution accrue du biodiesel (+ 9,6 %), la consommation de bioéthanol étant restée stable (- 0,5 %).
La consommation d’énergie primaire de biomasse solide (bois principalement) de l’UE représentait 89,5 Mtep en 2014, en baisse de 2,5 % par rapport à 2013 du fait des conditions climatiques. Mais, souligne le rapport, la biomasse solide issue du sol de l’Union européenne a diminué encore plus nettement (- 3,4 %) alors que les importations nettes tendent à augmenter ces trois dernières années
Enfin, le rapport fait le point sur les investissements dans le secteur : dans la valorisation énergétique des déchets et dans les biocarburants, ils ont affiché une augmentation modeste entre 2013 et 2014, tandis que le financement d’actifs dans la biomasse subissait une baisse modérée ; la seule filière ayant enregistré une chute significative de ses investissements entre ces deux années est le biogaz.