Des kolkhozes aux « grands-mères ». En 20 ans, la production laitière ukrainienne a changé de mains, sous l’effet du démantèlement des grandes structures agricoles créées du temps de l’URSS. Des industriels comme Lactalis s’adaptent à cette situation complexe… en élargissant leurs rayons de collecte, par exemple.
A 45 ans, Raïssa Timochenko est une jeune retraitée. « J’étais institutrice, et pour ce métier là, en Ukraine, l’âge de la retraite est avancé », confie-t-elle. Aujourd’hui, elle reçoit sa pension de retraite et l’argent que lui donne Lactalis pour le service qu’elle offre à l’entreprise : assurer la gestion de point de collecte laitière du village de Komsomolk, à quelques kilomètres de la ville de Nikolaïev, au sud de l’Ukraine. Vêtue de son tablier blanc, Raïssa vérifie le niveau de remplissage du tank à lait de 1 600 litres dont elle a la charge. « Le tank est relevé tous les jours », précise Dmitry Pikus, responsable des points de collecte de la zone pour Lactalis. Il se situe dans une petite maisonnette qui abrite également quelques instruments de mesure destinés à faire une analyse rapide de la qualité du lait. Le travail de Raïssa n’est pas difficile, mais il est contraignant. Tous les jours, elle doit être là au moment où les femmes du village lui apportent leurs seaux de lait, soit 3 à 4 fois par jour. Au total, Raïssa travaille avec 25 femmes, qui gèrent la production de 30 vaches. « Cela représente environ la moitié du village, explique-t-elle. Les autres préfèrent aller livrer leur lait sur le marché de Nikolaïev où il est mieux payé ». Et elle doit également faire du démarchage, car sa paie est conditionnée au volume de lait collecté et à sa qualité.
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