La France, mais aussi la Hongrie et le Bulgarie ont été touchées de plein fouet par l’épizootie d’influenza aviaire. La filière enregistre sa deuxième année de fort recul, avec un impact très lourd pour les professionnels de l’amont à l’aval.
À l’occasion de son assemblée générale tenue le 23 juin à Mont-de-Marsan (Landes), le Comité interprofessionnel du foie gras (Cifog) a donné une estimation du volume de production de foie gras pour 2017. « En 2015, dernière année normale sans incident, on était à 24 000 tonnes de foie gras produites en Europe. En 2017, on va avoir une offre en production affaiblie à 16 520 tonnes, ce qui est un niveau historiquement bas, car la France mais aussi la Hongrie et la Bulgarie ont été frappés cette année par le H5N8 », selon Christophe Barrailh, président du Cifog.
Un niveau historiquement bas
La France est concernée au premier chef, en tant que premier producteur mondial de foie gras avec 63 % de la production totale. En France, les prévisions 2017 tablent sur 11 700 tonnes, soit 16 % de moins qu’en 2016 où la production avait pourtant été à l’arrêt dans 18 départements pendant quatre mois à cause du virus H5N1 (9 millions de canards en moins). En 2016, les importations ont nettement augmenté, avec 4 414 tonnes de foie cru (+18 %) et 331 tonnes de transformé (+95 %), venues essentiellement de Bulgarie, Hongrie et aussi Belgique.
Le Cifog rappelle par ailleurs les 350 millions d’euros de pertes financières pour l’ensemble de la filière française (accouveurs, éleveurs, transformateurs), auxquels s’ajoutent les coûts induits par exemple par les investissements en biosécurité.
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Face à cette situation, amplifiée selon les professionnels par les retards pris dans le versement des aides, les propos du nouveau ministre de l’Agriculture Stéphane Travert ont été jugés rassurants par Christophe Barailh. Le ministre a promis le 23 juin au matin un « deuxième régime d’aide » pour les professionnels du foie gras. "Ce dispositif d’avance, mis en place dans l’attente du dispositif d’indemnisation à venir cofinancé par l’Union européenne, complète les dispositifs d’indemnisation de la valeur marchande des animaux abattus dans les foyers ou de manière préventive au cours de l’épisode H5N8, qui sont en place depuis plusieurs mois", explique le ministère. Il a aussi confirmé qu’il allait reprendre le calendrier établi par son prédécesseur pour que les retards de versement des aides européennes à l’agriculture puissent être "réglés" avant septembre.
Aval : neuf entreprises ont déposé un dossier
Le ministère de l’Agriculture a indiqué le 23 juin que le dispositif d’indemnisation aux entreprises de l’aval touchées en 2016 par le H5N1, validé le 9 juin par la Commission européenne, est en "cours de préparation". En outre, "ces opérateurs bénéficient depuis plusieurs semaines d’un dispositif d’avance remboursable pour les soutenir dans le cadre de l’épisode H5N8. À ce jour, neuf entreprises ont déposé un dossier dans le cadre de cette mesure pour un montant total de 2,20 M €." précise le ministère.