Alors que 14 % des 15-18 ans ne déjeunent pas le matin, l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus) prend l’initiative d’une campagne de sensibilisation sur les bénéfices nutritionnels du petit-déjeuner équilibré.
Si les qualités nutritionnelles et les bénéfices santé des fruits et jus de fruits sont reconnus par les consommateurs, les habitudes de consommation évoluent, elles, lentement. « Trop d’enfants ne prennent pas de petit-déjeuner complet et équilibré avant de partir à l’école », constatent deux études conjointement menées par l’Unijus, pour mesurer les habitudes alimentaires des enfants au petit-déjeuner, et évaluer et identifier la place nutritionnelle et la présence de jus de fruits et de pain traditionnel au petit-déjeuner, et par TNS Sofres « les comportements nutritionnels des enfants au petit-déjeuner ». Par manque de temps, celui-ci est souvent zappé, pris à la hâte ou sur le chemin de l’école.
L’équilibre jus de fruits-laitage-pain
Si 48 % des sondés estiment que le petit-déjeuner pris par leur enfant n’est pas complet, 3 produits différents sont consommés en moyenne, avec en vedette : les produitslaitiers (59 % des 6-18 ans), viennent ensuite les jus de fruits (44 %), les céréales (44 %), les boissons chocolatées (44 %), le pain traditionnel, seul ou tartiné n’arrivant qu’en 5e position (25 %). Néanmoins, la description du petit-déjeuner idéal place le jus de fruit en seconde position (64 % estiment qu’il contribue à un petit-déjeuner équilibré), derrière les produits laitiers (81 %), et le pain traditionnel en troisième position (58 %). Pourtant, ces aliments, le plus souvent absents du petit-déjeuner, sont remplacés par des boissons chocolatées, des viennoiseries préemballées davantage utilisées pour des raisons pratiques que nutritionnelles.
Aussi, si « l’industrie alimentaire assume ses responsabilités en communiquant autour des enjeux santé-alimentation, le débat recense peu d’adeptes parmi les pouvoirs publics et reste souvent à sens unique, en excluant les professionnels », déplore Jacques Antoine, le secrétaire général d’Unijus. Ainsi, en lançant une campagne de sensibilisation sur « le petit-déjeuner idéal », en partenariat avec les industries laitières et meunières, et en tant que partenaire majeur sur ce marché, « une réelle attente se porte vers le ministère de la Santé et les autorités sanitaires comme l’Afssa, pour que ce message soit pris en considération, écouté, discuté et relayé ».
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L’effet « coup de fouet » des purs jus
Toutefois, un verre de jus de fruits au petit-déjeuner apparaît nécessaire pour 86 % des personnes interviewées. Avec une consommation annuelle des jus de fruits de 22,5 l/habitant et une préférence très nette pour le jus d’orange (49,5 % du marché en volume) et les cocktails de fruits, vitaminés ou non, qui connaissent toujours le succès (+ 2,8 %), le jus d’ananas (+4,5 %) et le jus de pomme (+2,3 %) qui reviennent en force, le dynamisme du marché des jus de fruits et nectars repose, dès lors, sur les jus et principalement sur les purs jus (41,8 % en valeur des parts du marché ambiant), et les jus de fruits à base de concentré (jus ABC) 34,5 %.
« Nos précédentes campagnes de sensibilisation ont eu une portée estimable puisque, par exemple, les nectars, jugés comme trop sucrés, déclinent (-3,3 %), et tendent peu à peu à disparaître », souligne Jacques Antoine. En 2004, seuls les purs jus ont d’ailleurs connu une croissance (+0,2 %).
Ainsi, le marché français est le troisième marché européen pour les jus de fruits après l’Allemagne et le Royaume-Uni, avec 1,3 milliard de litres consommés en 2004. Il représente en France le premier marché (28,4% en valeur) des BRSA (Boissons rafraîchissantes sans alcool) avec un chiffre d’affaires de 847 millions d’euros, dans la grande distribution. En outre, si la consommation a augmenté de manière significative depuis 5 ans, 2004 se compare à 2003, qui fut l’année de la canicule et qui entraîna une croissance soutenue du marché. Cela expliquant le relatif tassement de 2004 pour l’ensemble des BRSA. À noter par ailleurs, pour la première fois depuis plusieurs années, des prix en baisse pour l’ensemble du secteur (- 0,4 %) et en particulier pour les jus de fruits (-1,7 %).