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« La qualité des ingrédients sera meilleure »

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Le commissaire chargé de la protection des consommateurs, David Byrne, estime que l’UE s’est dotée de la meilleure législation au monde. Etes-vous d’accord avec lui ?

Il faut d’abord se demander ce que suppose la nouvelle législation. Si c’est la sécurité des nouveaux produits, tous les systèmes du monde parviennent à ce résultat, sans mettre en place un système de traçabilité spécifique aux OGM, qui se superpose à celui préexistant. La directive 2001/18/CE était suffisante de ce point de vue. Mais là se met en place une législation très contraignante qui rend très difficile la mise sur le marché des OGM. Mais rien n’a été fait depuis cinq ans à cause du moratoire. La prochaine étape est sa levée.

Comprenez-vous les craintes des consommateurs européens ?

C’est une très bonne chose que les Européens se sentent concernés par leur alimentation. Ils le sont d’autant plus que l’histoire récente a exacerbé les peurs alimentaires. Mais les distributeurs reçoivent très peu de coups de téléphone de personnes craignant de manger des OGM. Il faut maintenant que les gouvernements et les industriels informent le public sur toutes les nouvelles technologies. Mais c’est la différence de prix et les bénéfices pour l'environnement et la santé, des aliments contenant des OGM qui changeront l’attitude des consommateurs.

Mais les OGM peuvent-ils apporter vraiment quelque chose à l’industrie agroalimentaire ?

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Bien sûr ! Toutes les techniques, pas uniquement les OGM, peuvent apporter quelque chose. D’abord d’un point de vue sanitaire. Cela permet d’éliminer une partie des herbicides, de limiter les maladies des plantes ou de supprimer certaines substances toxiques ou allergisantes. Du coup la qualité des ingrédients de l’industrie serait meilleure et plus stable. De plus, comme le montre une étude américaine, les rendements augmenteraient et les prix baisseraient.

Le risque n’est-il pas pour les industriels d’être, après les agriculteurs, dépendants des semenciers ?

N’y a-t-il pas plus de créateurs d’OGM que de distributeurs ? Il n’y a pas que Monsanto mais un grand nombre d’organismes publics ou privés qui développent des OGM.

Vous pensez les distributeurs hostiles aux OGM ?

On peut comprendre que, pour leurs clients, les distributeurs veulent des produits sûrs et étiquetés, qu’ils soient prudents. Or certains ne veulent pas d’OGM. Il leur sera proposé des produits fabriqués avec des OGM, mais je ne crois pas qu’ils les mettront dans leurs rayons.

(1) Association européenne pour les Bioindustries