La Commission européenne le répète inlassablement : l’avenir de l’agriculture de l’UE passe par la qualité de ses produits, déjà reconnue dans le monde entier ; toute tentative pour concurrencer les productions de masse des pays émergents, du Brésil notamment, étant, selon elle, vouée à l’échec. Pourtant, quelle que soit sa bonne volonté, ce n’est pas en préparant un livre vert sur la qualité, sans doute suivi de quelques mesures d’accompagnement pour les produits du terroir, que Bruxelles préservera la réputation du « made in Europe » et ses confortables parts de marché dans le monde. Le véritable débat sur la qualité se joue à l’occasion du bilan de santé et de la réflexion sur l’avenir de la Pac. Il faut, bien sûr, renforcer l’arsenal juridique de protection des appellations d’origine, batailler pour le respect des dénominations. Mais quel sens cela aura-t-il si, dans le même temps, l’UE déstabilise profondément son secteur agricole, par exemple en faisant table rase de l’ensemble des outils de gestion de la production dans le secteur du lait ? Si elle souhaite parler de qualité, la Commission devra par exemple accepter d’ouvrir sérieusement le débat sur la grande distribution et sur l’impact du système des enchères inversées imposées par quelques grandes centrales d’achat européennes. Elle devra aussi maintenir quelques mécanismes protecteurs pour équilibrer autant que possible les relations entre agriculteurs et distributeurs. Qualité et dérégulation font rarement bon ménage.
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