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Questions à Pascal Sabrié, président de Heineken France « La qualité et l’innovation sont nos moteurs »

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« Face à la régression du marché, la qualité et l’innovation sont nos moteurs », estime Pascal Sabrié, président de Heineken France. L’entreprise continue de miser fortement sur le segment des CHR en proposant, avec sa filiale France Boissons, une série de services aux barmen et serveurs. Une manière de servir « la crédibilité de nos marques ».

Agra Alimentation : Sur un marché français de la bière structurellement en baisse, Heineken continue de progresser. Quelle est votre recette ?
Pascal Sabrié : Sur longue période, le marché a en effet régressé. Sur la période récente, il s’est stabilisé : seules les variations climatiques font la différence d’une année sur l’autre. Dans ce contexte, nous sommes leaders en valeur depuis quatre ans et avons pour objectif de devenir leader en volume en 2013. L’écart avec le challenger se resserre : de 2,8 points en 2011, il s’est réduit à 1,9 point sur 12 mois glissants à fin mai 2012. Cela confirme notre choix de privilégier la valorisation. En 2000, les bières standards représentaient 70 % des volumes vendus en France. En 2012, les bières haut de gamme, qui représentent 85 % de nos volumes, devraient devenir majoritaires dans la consommation.
 
Quels sont vos autres leviers de développement ?
Notre moteur est l’innovation au service de nos marques. Nous avons ainsi créé le segment de la bière pression à domicile avec les fûts, qui représentent aujourd’hui 2% de nos volumes et 3 % de la valeur. Il s’agit d’un nouvel usage permettant d’obtenir chez soi un produit équivalent à la pression servie au comptoir. Les fûts pression propagent une image de qualité dans les linéaires bière de la grande distribution.
 
N’est-ce pas aussi un moyen de compenser le déclin des cafés-hôtels-restaurants (CHR) ?
Le déclin du circuit CHR s’explique par une baisse de la fréquentation, indépendante des produits qu’il vend. La fréquentation a néanmoins tendance à remonter en 2011 et nous sommes raisonnablement optimistes pour l’avenir. Avec notre filiale France Boissons, nous sommes leaders du CHR et travaillons d’arrache-pied à soutenir son développement. Nous proposons ainsi des systèmes de pression différenciés garantissant une qualité identique, même pour les petits volumes de vente. Et misons sur la formation des barmens et serveurs avec notre programme Art of Beer. Notre présence en CHR sert la crédibilité de nos marques et de nos produits et crée un effet de halo sur la perception globale de la catégorie, dont bénéficient tous les circuits. Il est important que la bière y soit visible et bien servie.
 
Quels sont les freins à votre développement ?
Le dynamisme du marché de la bière dépend de celui de l’économie. L’évolution de la consommation est donc notre principale préoccupation. Notre deuxième préoccupation est poursuivre un dialogue constructif avec les pouvoirs publics sur la promotion d’une consommation responsable des produits alcoolisés, seule garantie d’un développement durable du marché.
 
En tant qu’entreprise exploitant usines sur le territoire français, quelle est votre diagnostic sur la compétitivité industrielle de la France ?
Il faut tout faire pour développer l’emploi et l’employabilité des salariés. Les entreprises doivent par ailleurs bénéficier d’une certaine flexibilité pour adapter leurs capacités aux évolutions du marché. Plus nous aurons de souplesse et plus nous serons performants.

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