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Distribution/Etude La récession ne change pas trop le palmarès mondial

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Les principaux groupes mondiaux de distribution, bien que très affectés par le climat de récession de l’économie en général, affichent encore une petite croissance mais n’ont pu éviter la chute de leur rentabilité. Dans le classement des 250 groupes remis à jour par le cabinet Deloitte, le Top 10 reste toutefois inchangé, à ceci près que Metro a ravi à Tesco sa place de n°3 derrière Wal-Mart et Carrefour. Les six grands distributeurs français figurent quant à eux dans le peloton des 40 premiers mondiaux.

Bien que l’économie ait connu l’une de ses plus fortes contractions depuis des décennies, les grands distributeurs mondiaux ont pu augmenter leurs ventes de 5,5% au cours de l’exercice 2008 (qui inclut les exercices clos jusqu’en juin 2009). Le nouveau rapport de Deloitte sur les 250 champions 2010 de la distribution montre cependant que la récession mondiale a eu un impact sur les résultats financiers de la grande distribution. La rentabilité des 250 champions mondiaux est tombée de 3,7% en 2007 à 2,4% en 2008.
Les deux tiers des 184 distributeurs qui publient leurs résultats ont vu leur marge bénéficiaire décliner en 2008 et 30 d’entre eux déclarent des pertes. Cette tendance affecte pratiquement toutes les zones géographiques et tous les secteurs du commerce. Les distributeurs européens ont vu leur rentabilité chuter en moyenne de 4,1% en 2007 à 2,7% en 2008, tandis que celle de la distribution nord-américaine est passée de 3,6% à 2,4%.
Ces contre-performances sont variables selon les secteurs : le commerce spécialisé dans l’équipement de la maison a vu ses marges bénéficiaires diminuer de plus de la moitié, tombant à 3,1%. Les ventes dans le secteur de l’habillement ont été en recul et les bénéfices divisés par deux. Mais même le secteur des biens de consommation à rotation rapide, principalement la distribution alimentaire, a vu ses bénéfices passer de 3% à 2,2%, malgré une augmentation des ventes de 8,6%, plus forte que dans les autres secteurs.
Selon Gilles Goldenberg, associé responsable du secteur Distribution chez Deloitte, « nombre de distributeurs ont “dopé” leurs ventes par une agressivité promotionnelle, notamment dans l’alimentaire, ce qui a sérieusement détérioré les résultats. Toutefois, si les signes de reprise économique, déjà perceptibles partout dans le monde se confirment, la grande distribution devrait pouvoir retrouver le chemin d’une meilleure rentabilité ».

Dix géants font 30 % du CA total
Au total, les ventes au détail se sont concentrées un peu plus encore entre les mains des dix principaux distributeurs mondiaux. Avec des ventes totales de 1,2 trillion de dollars, le « top 10 » de la distribution a canalisé 30,2 % des ventes totales des 250 champions de la distribution, contre 29,6 % en 2007. En dépit de la conjoncture économique difficile, la moitié de ce groupe a enregistré une croissance importante de ses ventes, avec même des progressions à deux chiffres pour trois d’entre eux (le britannique Tesco, le discounter allemand Schwarz avec son enseigne Lidl, et le cash & carry américain Costco).
Le géant allemand de la distribution Metro a ravi à son concurrent britannique Tesco la place de numéro trois mondial du secteur par le chiffre d’affaires, d’après l’étude. Le début du classement reste en revanche inchangé, l’américain Wal-Mart se maintenant à la première place devant le français Carrefour. Metro a dépassé Tesco grâce à l’appréciation de l’euro par rapport au dollar qui a gonflé mécaniquement l’activité du groupe allemand, et ce bien que le britannique ait dégagé une croissance organique supérieure. Les Etats-Unis et l’Allemagne se partagent par ailleurs le reste du « top 10 » des distributeurs mondiaux, avec dans l’ordre l’allemand Schwarz (Lidl), les américains Kroger, Home Depot et Costco, l’allemand Aldi et l’américain Target.
La distribution française n’est pas en reste dans ce palmarès des 250. Cette année encore on y recense 13 entreprises hexagonales. Sept groupes français figurent en tout cas dans le top 40 mondial de la distribution, soit la meilleure performance derrière les Etats-Unis :Carrefour (toujours 2e), Auchan 13e (qui progresse d’une place), Leclerc 18e, Intermarché 22e (+1 place), Casino 24e (+4 places), Système U 34e (+5 places) et PPR 39e (+3 places). Mais cette performance est à relativiser, selon Deloitte, qui met en avant un effet de change euro/dollar favorable aux groupes européens.

Le retour des supermarchés
Si en 2007, les sociétés ciblant un seul format avaient enregistré les meilleures croissances de ventes et de rentabilité, en 2008 la tendance s’inverse. Les ventes des distributeurs multi-formats augmentent bien plus vite que celles des sociétés n’exploitant qu’un seul format. Pour la majorité d’entre elles, ces sociétés à format unique sont de grands magasins ou des distributeurs spécialisés ,qui vendent des produits de consommation non essentiels.
Après plusieurs années de recul, les supermarchés font un véritable come-back dans le classement des 250 champions en 2008. Sur les 24 nouveaux venus du palmarès, 14 exploitent des supermarchés et, pour 9 d’entre eux, il s’agit du format dominant. Bien que ces dernières années, les supermarchés aient été supplantés par les hypermarchés, les magasins de hard discount et les magasins de proximité, ils restent le format de magasins le plus commun (103 des 250 champions mondiaux).

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