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Recherche La recherche agronomique cherche des financements

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Le laboratoire de l'Esitpa (1) travaille au développement de l'agroécologie des territoires. Le manque de financement pour la recherche est un frein majeur à l'accélération du changement des pratiques agricoles.

« Les chercheurs passent la majorité de leur temps à chercher des financements », a expliqué Daniel Roche, directeur général de l'Esitpa (1), lors d'un voyage de presse organisé par l'APCA (chambres d'agriculture) à Rouen, le 16 juin. En agriculture comme ailleurs, la recherche manque de financements. Il rappelle qu'en France, la recherche est financée sur projets. Les projets existent, mais, en face, l'argent nécessaire à leur financement n'est pas mis sur la table. Le 4 avril dernier, les Echos révélaient que le gouvernement s'apprêtait à demander un effort budgétaire aux différents ministères. En 2015, le budget du ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur serait en baisse de 0,1% par rapport à 2014, atteignant 25,7 milliards d'euros. Certes, la baisse est faible, mais le signal n'est pas encourageant. Karine Laval, directrice de la recherche à l'Esitpa, s'inquiète : « La biologie des sols, c'est très coûteux en termes d'équipements pour la recherche ». Malgré tout, elle préfère rester optimiste : « Pour le financement des analyses de sols par exemple, heureusement, nous avons des partenariats ». Il existe par exemple un partenariat avec l'université de Rouen ou avec des lycées agricoles.

Daniel Roche rappelle qu'en 2008, a été créée l'unité Agri'terr au sein de l'Esitpa. Cette unité de recherche travaille à l'identification de solutions qui respectent la triple performance de l'agriculture (agronomique, environnementale et socio-économique). Karine Laval illustre une partie des travaux de cette unité, qui manque de financements : « Un objectif est d'identifier des molécules de protection naturelle. On peut imaginer des biopesticides, une vaccination des plantes… ». Tous ces travaux permettent de développer des alternatives aux pratiques agricoles traditionnelles. Ils résonnent bien avec le projet agroécologique du ministère de l'Agriculture. Reste à rallier Bercy à la cause agroécologique.

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S. Royal agace en se prononçant pour l'interdiction du glyphosate

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, veut interdire dès le 1er janvier 2016 la vente en libre-service aux particuliers des herbicides contenant du glyphosate, dont le fameux Roundup de Monsanto. Un « amendement à la loi de transition énergétique interdira le glyphosate en vente libre au 1er janvier 2016 », a indiqué la ministre, le 16 juin. Plus concrètement, les particuliers pourront acheter des pesticides contenant du glyphosate, mais « ce sera une vente au comptoir comme dans une pharmacie », précise Thierry Sonalier, président du groupe Jardiland. L'association Greenpeace ne semble pas satisfaite : « Une utilisation conseillée, c'est toujours une utilisation ». En outre, cet amendement ne concernera que les particuliers. « Les agriculteurs, c'est le ministre de l'Agriculture qui s'en occupe », poursuit Ségolène Royal. La ministre agace l'UPJ (fabricants de phytosanitaires pour les jardins et espaces publics). Son directeur rappelle qu'il s'agit d'un effet d'annonce : « Le plan Ecophyto prévoit la vente assistée de ces produits à partir de 2018 puis leur interdiction à la vente en 2022 ».

(1) L'Esitpa est une école d'ingénieurs en agronomie et agroalimentaire, membre du réseau des Chambres d'agriculture