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60e anniversaire de l’Inra La recherche agronomique plus que jamais nécessaire

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Lors du 60e anniversaire de l’Inra qui a été célébré le 11 octobre, Dominique Bussereau a indiqué que l’accélération de la recherche agronomique est aujourd’hui « cruciale » pour répondre aux inquiétudes qui se font jour à propos des maladies émergentes, de la gestion des espaces agricoles, de la nutrition, des ressources de biomasse, etc. Et aussi pour que la France occupe une des premières places sur la scène internationale.

Le 60e anniversaire de l’Institut national de la recherche agronomique a été organisé par l’Académie d’agriculture dans les locaux du 78 rue de Varenne, en présence de Dominique Bussereau et de son collègue de la Recherche François Goulard.

Trois exposés ont remis en perspective les travaux de l’Inra depuis 1946. Les débuts de la sélection animale, à une époque où les producteurs étaient encore peu organisés, avec la mise en place d’une base de données nationale, suivis par l’arrivée de la génétique moléculaire à partir des années 1980. Les progrès de la génétique végétale, avec les premières variétés de blé de l’Inra, puis l’arrivée des outils comme la biologie moléculaire et la génomique. Enfin l’analyse économique, qui se bornait dans les années 1960 à considérer que le modèle de développement aboutit à l’émergence d’une société de consommation, et qui maintenant est capable d’introduire le coût des nuisances environnementales dans les coûts de production.

« L’histoire de l’Inra, fondé en 1946, c’est l’engagement de notre pays en faveur d’une agriculture de pointe », a résumé le ministre de l’Agriculture.

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Des préoccupations communes à toute la planète

« L’accélération de la recherche agronomique est aujourd’hui cruciale », pour répondre aux inquiétudes qui se font jour à propos des maladies émergentes, de la gestion des espaces agricoles, des OGM, a déclaré Dominique Bussereau. L’Inra, qui a accompagné les producteurs dans la productivité animale et végétale, qui a contribué aux progrès des industries agroalimentaires, mettant au point l’ultrafiltration du lait et la cuisson-extrusion, est attendu sur la valorisation de la biomasse, les applications de la génomique, la mise au point de systèmes de production capables de préserver la biodiversité. « Nous attendons un appui renforcé de l’Inra à la décision en matière de politiques agricoles au niveau européen », a signalé le ministre.

Les enjeux socio-économiques de l’agriculture concernent maintenant une grande part des problèmes de société (nutrition, équilibres écologiques, énergie, aménagement du territoire) en France, mais aussi dans le monde, a souligné Marion Guillou, présidente de l’institut. « Les questions posées à la recherche agronomique, désormais élargie aux questions d’alimentation et d’environnement, sont largement communes à toute la planète», a-t-elle indiqué, expliquant que l’objet de la recherche agronomique se complexifie. Durant les premières années de l’Inra, les sujets étaient relativement simples, parce qu’il s’agissait surtout de « placer l’agriculture française au premier rang de l’Europe », comme l’a rappelé Dominique Bussereau. Mais, du fait de la nécessité de comprendre les comportements des consommateurs, de travailler sur des systèmes agricoles avec de nombreuses interactions, la complexité « devient partie intégrante de la démarche du chercheur », a souligné Marion Guillou.

Le défi auquel est confronté l’Inra est aussi celui de la concurrence internationale, tant à travers la place de la France sur la scène agricole mondiale qu’à travers la place de la France dans le concert mondial des chercheurs. Marion Guillou a mis l’accent sur la nécessaire attractivité de l’institut pour les jeunes talents. La capacité de l’Inra à coopérer avec d’autres organismes de recherche en France et à l’étranger a été citée en exemple par François Goulard : « On voudrait que cette aptitude à coopérer s’applique aussi ailleurs», a-t-il conclu.