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Entreprises de viande (FNICGV) À la recherche d'une stratégie export

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Industriels et commerçants en viande sont unanimes ; exporter est une nécessité pour les filières françaises, et en particulier pour la viande bovine. Reste que le secteur peine à parler d'une seule voix.

C'est à la veille des blocages d'abattoirs par les éleveurs que s'est déroulé à Marcq-en-Barœul (59), le congrès de la Fédération nationale de l'industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV). Au cœur des débats, l'export, comme soutien du marché intérieur et relais de croissance pour la filière. Si des opportunités existent, le secteur doit s'unir pour les saisir.

L'exportation est une nécessité pour les filières françaises. Elle permet d'assurer les équilibres offre/demande sur le marché intérieur, a rappelé Yves Tregaro, responsable de l'unité produits animaux à la direction marchés, études et prospective de FranceAgriMer. Car, paradoxalement, la production française n'est pas adaptée à la demande nationale ; trop de jeunes bovins qu'il faut exporter, pas assez de vaches que l'on importe, trop de longes de porc mais pas assez de jambons. Et ce d'autant plus, rappelle Yves Tregaro, « que l'on ne peut plus compter sur la croissance de la consommation intérieure. L'exportation apparaît donc comme un moyen de soutenir les volumes de production », soulignant que « c'est une activité exigeante qui nécessite une connaissance fine de la demande et des conditions d'accès au marché ».

Des opportunités existent pour la viande française, et de nouvelles portes pourraient prochainement s'ouvrir. La situation zoosanitaire en 2015 est favorable, le cheptel français est jugé en bonne santé par le DGAL, dont les perspectives pour 2015 laissent espérer des ouvertures de marché en Égypte, Biélorussie, Angola ou encore en Afrique du Sud. Des audits devraient également avoir lieu prochainement dans le cadre des négociations avec l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis, et pour la viande porcine, avec le Mexique et l'Australie.

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« Absence de volonté collective »

S'il existe des opportunités, difficile pour le secteur bovin de se mobiliser. Pour Dominique Langlois, président d'Interbev, « le drame est qu'il y a une absence de volonté collective d'aller à l'export. Il faut mettre les opérateurs face à leurs responsabilités et ceux qui veulent prendre le train, le prendront. Ceux qui ne veulent pas y aller, ce n'est pas un problème selon moi ».

En outre, selon Bertrand Oudin, directeur général du cabinet Blézat consulting, « il manque de vrais outils stratégiques. Il manque du marketing dans cette filière. On a des atouts que l'on n'exploite pas. Il faudrait accélérer le mouvement ». Des propos appuyés par Riccardo Giraudi, président de Giraudi Group, selon qui il faut s'arrêter et réfléchir au produit, à l'histoire qu'on raconte, « l'image de la France est bonne » mais « est-ce qu'on leur vend ce qu'on fait ou est ce qu'on leur vend ce qu'ils veulent ? ». Une question à laquelle la filière peine à répondre, au regard des désaccords quant à la définition de la qualité d'une viande. Pour Gérard Poyer, président de la fédération française des commerçants en bestiaux, « nos produits peuvent aller partout, mais il faut les adapter », ajoutant qu'« il faut avoir un dialogue ensemble, avec les éleveurs, les accompagner dans cette démarche ».