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Wheat Initiative La recherche internationale s’organise pour l’amélioration du blé

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Un consortium international s’est réuni, le 15 mai à Paris, pour coordonner la recherche sur le blé. Approuvée en 2011 par le G20, la Wheat Initiative vise en priorité la génétique.

Comment augmenter la production, la qualité et la durabilité du blé ? La science, mobilisée par le G20, s’est réunie le 15 mai à Paris pour coordonner ses travaux. Un consortium international, la « Wheat Initiative », a exposé sa stratégie, ouvrant la voie aux premières actions à engager. Celles-ci visent à accélérer le progrès génétique du blé pour améliorer les rendements, l’efficacité d’utilisation de l’eau et des nutriments, l’adaptation aux stress. Autre enjeu, l’amélioration des pratiques agronomiques et la promotion des systèmes de cultures innovants.
Décidée en juin 2011, en marge du sommet des 20 principales économies de la planète, la « Wheat Initiative » rassemble les experts d’une quinzaine d’instituts publics et sept entreprises privées, et entend corriger « un manque de financement de la recherche sur le blé », selon sa coordinatrice à l’Inra Hélène Lucas. « D’ici à 2050, une augmentation de 60 % de la production de blé sera nécessaire pour répondre à la demande d’une population mondiale grandissante », insiste-t-elle. Une autre urgence est liée au réchauffement climatique. Des modèles indiquent que le potentiel de rendement du blé sera affecté dans les principales zones de production, l’Asie du Sud et l’Afrique du Nord apparaissant comme les principales victimes. « Les scénarios sont inquiétants. Plus on aura d’outils efficaces, plus on aura de chances de répondre aux enjeux », considère Hélène Lucas.

La voie agronomique

La communauté internationale de recherche tente donc de s’organiser, avec des objectifs communs, des ressources et informations partagées, la transmission de nouvelles technologies aux sélectionneurs, agronomes, céréaliers et une meilleure coordination entre organismes publics et privés. Une voie d’amélioration du blé reste l’agronomie : « Par une bonne maîtrise des rotations, de la préparation des sols, l’apport de nutriment, en utilisant des variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques : ce sont des progrès relativement faciles à faire », assure la chercheuse. Mais, pour elle, la priorité est une meilleure connaissance génétique de la plante qui permettrait d’avancer beaucoup plus rapidement dans la sélection de gènes résistants aux maladies et agressions climatiques.
Séquençage du génome
À ce stade, indique la chercheuse, « on a un seul chromosome de blé séquencé sur 21 – le 3B identifié par l’Inra de Clermont-Ferrand en collaboration avec le Genoscope. C’est un premier pas ». Le génome du maïs est déjà séquencé, de même que celui du riz. La « Wheat Initiative » compte y arriver avec le blé d’ici 2016. Reste à trouver 15,5 millions d’euros pour en achever le séquençage, d’après ses estimations. Une autre action initiée par le consortium concerne la création d’un « système d’information global dédié au blé », qui regrouperait les données aujourd’hui éparpillées afin de pouvoir les échanger et comparer.

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