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Union européenne La réforme du budget européen laissée aux soins de la prochaine Commission

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Le document préparatoire sur la réforme du budget communautaire pour l’après-2013, qui émanait de la Commission de Bruxelles et préconisait une « nouvelle diminution significative » de la part des crédits consacrée à l’agriculture, n’était, selon la commissaire européenne Mariann Fischer Boel, qu’un « papier officieux » aujourd’hui « dans la poubelle ». Il a, en tout cas, provoqué un certain émoi au sein du Parlement européen et dans quelques Etats membres. Le rapport sur ce sujet, demandé par les chefs d’Etat et de gouvernement en décembre 2005, est finalement confié à la prochaine Commission qui devrait le lier, vers la fin janvier, à une autre communication sur « l’Europe 2020 ». Et reprendre, parmi d’autres options, des éléments du document « officieux ».

Ce « papier officieux » est désormais « dans la poubelle » et « il reviendra à la prochaine Commission de présenter ses vues », a assuré le 10 novembre Mariann Fischer Boel, en réponse à une question de Paolo De Castro, concernant le document sur la réforme du budget communautaire pour l’après-2013 récemment publié par la presse, qui préconisait de fortes réduction des dépenses agricoles (1).
Lors d’un séminaire sur l’avenir de la Pac (2) organisé par la commission de l’agriculture du Parlement européen, dont il est le président, l’ancien ministre italien interrogeait la commissaire à l’agriculture sur ce texte, jugeant que, si cette politique doit répondre à d’importantes nouvelles demandes, y compris la sécurité alimentaire, la biodiversité et la gestion de l’eau, « il est paradoxal de constater (...) qu’une réduction significative des ressources est proposée ». Mme Fischer Boel a affirmé qu’elle n’avait jamais soutenu un tel projet de communication de la Commission.
Les députés ont approuvé à l’unanimité une question orale à l’exécutif européen sur ce sujet, et plus particulièrement sur la possibilité de renationaliser les dépenses de la Pac.

Un débat prématuré
La présidence suédoise de l’UE a néanmoins prévu un échange de vues sur la réforme du budget de l’UE lors d’un déjeuner de travail des ministres des affaires européennes des Vingt-sept qui se retrouvent le 16 novembre à Bruxelles. L’utilité d’une telle discussion à ce stade, en l’absence de tout document, a été mise en doute par plusieurs Etats membres, en particulier l’Italie mais aussi la France, l’Autriche, l’Irlande et la Grèce.
Du côté français, le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, s’est déclaré le 10 novembre, devant le congrès national des coopératives agricoles, opposé « à une réduction du budget de la Pac telle qu’elle est envisagée dans certains documents de la Commission ». « Je ne suis pas d’accord, je pense que c’est une erreur majeure », avait-il dit deux jours auparavant sur la radio Europe 1, ajoutant néanmoins qu’ « il n’y a pas d’autre avenir dans l’agriculture française que dans la Pac ».

(1) Voir l'article "La Pac en première ligne"

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