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OCM sucre La réforme du sucre affectera peu la France, selon Bruxelles

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L’impact de la réforme du marché du sucre aura un impact « limité » sur l’industrie sucrière française, de même que pour 7 autres Etats membres dont l’Allemagne. Par contre, Bruxelles estime à quatre le nombre de pays où près de la totalité des sucreries devront fermer leurs portes : la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal. Telles sont les principales conséquences anticipées par la Commission si la réforme du régime sucre est appliquée comme elle le propose, avec une baisse de 39 % du prix sur le marché communautaire et un vaste plan de restructuration.

L’Hexagone a tout à gagner à la réforme de l’Organisation commune du marché du sucre prévue par Bruxelles. C’est ce que révèle une étude réalisée par les services de la Commission de Bruxelles sur l’impact de la réforme avec une chute de 39% du prix du sucre et un plan de restructuration attractif pour les fabricants de sucre.

Selon les analyses des experts européens, sans réformes, mais avec des adaptations pour respecter le jugement de l’OMC sur le sucre C et l’augmentation des importations due aux accords « Tout sauf les armes », la production de sucre communautaire chuterait de 6 millions de tonnes à l’horizon 2013 par rapport à aujourd’hui. Cette baisse de la production affecterait proportionnellement davantage les pays compétitifs. En revanche, la baisse serait limitée à 4 millions de tonnes avec la réforme préconisée par Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’Agriculture. Elle permettrait « de concentrer la culture de betterave à sucre dans les régions les plus compétitives, une condition préalable pour rendre durable l’industrie sucrière européenne à long terme », tranchent-ils.

Baisse des volumes « limitée »

Dans cette seconde hypothèse, la France ne devrait donc pas être atteinte outre mesure par la vaste restructuration prévue de l’industrie sucrière. La baisse de la production y serait « limitée ». De même qu’en Allemagne où seules « quelques régions » pâtiraient d’un prix du sucre inférieur à 400 euros par tonnes. La Belgique, l’Autriche, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède et le Royaume-Uni font partie de ce groupe de pays, à l’abri des problèmes de compétitivité. Cette zone représente le cœur de la production de betterave à sucre en Europe. Quelque 73 % du sucre européen y ont été fabriqués lors de la campagne 2003/2004, indique la Commission, soit 12,044 millions de tonnes.

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Cette analyse ne vaut pas pour les autres pays européens. Dans le cas de l’Espagne, de la République tchèque, du Danemark, de la Finlande, de la Hongrie et des autres nouveaux Etats membres, les conséquences liées à la réforme en terme de volume de production seraient « significatives ». Pour ce groupe d’Etats, l’industrie sucrière devrait perdurer mais subir une profonde restructuration au profit de quelques usines qui augmenteraient leur production. La contribution de ces industries lors de la dernière campagne s’est élevée à 17 % soit 2,836 millions de tonnes.

Disparition de la production dans quatre pays

Quatre pays – la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal – doivent se préparer à une réduction « drastique » de leur industrie sucrière, prévient Bruxelles. Voire à une disparition. Mais la Commission n’écarte pas une survie de quelques unités de production. Ces fermetures provoqueraient une chute de 9 % de la production de sucre européenne, plus de 1,5 million de tonnes de sucre ayant été produites dans cette zone.

Par ailleurs, sur les conséquences sociales de la réforme, les services de la Commission européenne restent évasifs. Pour eux, « l’impact sur l’emploi agricole sera moins accentué que dans l’industrie de la transformation ». Mais « grâce à l’aide à la restructuration, elle pourra investir le capital dans d’autres activités économiques, ce qui n’aurait pu être le cas sans réforme ». Quoi qu’il en soit, les conséquences en terme d’emploi seront plus faibles si la réforme est menée à bien, insistent les fonctionnaires de la Commission. D’autant plus que la profonde révision du régime sucre permettra de consolider la compétitivité de l’industrie sucrière européenne dans les zones les plus pertinentes, sous-entendent-ils.