Abonné

SURPLUS/FILIÈRE ALIMENTAIRE La région Paca mutualise la gestion de ses surplus alimentaires à grande échelle

- - 3 min

Avec les banques alimentaires, les professionnels de Paca lancent Fondalim pour valoriser de grandes quantités de surplus et déchets industriels via les réseaux caritatifs.

Coop de France, la Friaa (Ania de Paca) et 5 banques alimentaires créent Fondalim, un fonds de dotation qui a pour vocation d'apporter des solutions mutualisées dans la gestion des surplus et déchets de l'industrie agroalimentaire régionale. Cette nouvelle organisation, assurée par les banques alimentaires locales, qui échangent déjà entre elles, sera opérationnelle dans quelques semaines. Chaque industriel désireux de se séparer de stocks pourra joindre un correspondant déjà en poste en Avignon, qui en assurera immédiatement la répartition. Les denrées seront proposées en temps réel aux cinq banques alimentaires installées sur toute la région, partenaires de 483 associations distributrices (Croix Rouge Française, Restos du Coeur, ANDES – Agence nationale des épiceries solidaires –, Secours populaire français…) et CCAS, voire à des professionnels du recyclage.

MUTUALISATION REGIONALE

Les cinq banques alimentaires utiliseront leur réseau logistique mutualisé existant et orienteront les acheminements vers les points de diffusion les plus proches des usines donatrices. Les premières études montrent que le modèle fonctionne parfaitement avec des dons au-delà d'une tonne. Au-dessous, les coûts logistiques grippent le système. Les promoteurs de Fondalim réfléchissent déjà à la mise en place d'une plateforme en ligne, véritable bourse des denrées disponibles en temps réel.

Fondalim permet aux entreprises de s'engager dans une action citoyenne, d'éviter les futures pénalités sur le gaspillage alimentaire et de bénéficier de la défiscalisation de 60 % des prix bruts en stock. Fondalim travaille d'ailleurs actuellement avec l'administration fiscale pour disposer d'un document Cerfa qui lui sera propre afin de faciliter la tâche administrative des industriels.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Industrie agroalimentaire
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre

UNE STRUCTURE INDUSTRIELLE PORTEUSE

« Nous nous sommes inspirés de la formule de Fondalim Bourgogne, créée par l'Aria locale, qui nous a autorisé l'utilisation de cette marque », assure Jacques Ansquer, président de Fondalim et de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. « Nous avons lancé notre structure en 2008, rappelle Cécile Dechelotte, directrice de l'Aria à Dijon. Nous plafonnons à près de 200 tonnes par an car les entreprises ont rationnalisé leur production et d'autres écoulent leurs surplus par d'autres réseaux existants. Je pense que cette formule a toutes les chances de réussir en Paca qui dispose d'une structure industrielle agroalimentaire très différente de la nôtre ». En effet, la Provence dispose de nombreuses entreprises de plats cuisinés en conserve, de transformation de riz et de pâtes alimentaires, des denrées qui répondent aux besoins des banques alimentaires. Jacques Ansquer vise à court terme « la distribution de 300 tonnes par mois en Paca » ! Aujourd'hui, les 5 banques régionales diffusent déjà 8 000 tonnes de denrées par an.

Déjà, Fondalim Paca se projette dans l'avenir et compte mettre en relation des industriels avec des spécialistes du recyclage comme des fabricants de composts. L'organisation labéliserait leur production éco-responsable contre une contribution de l'industriel qui alimenterait le fonds de dotation pour financer d'autres actions. La filière se structure contre le gaspillage alimentaire.