Le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, veut promouvoir l’agriculture francilienne, notamment de proximité. Il a inauguré le 3 février un colloque qui avait pour but de « chercher des pistes nouvelles », à la fois pour développer l’agriculture comme secteur économique et pour constituer « la première éco-région d’Europe ».
La région Ile-de-France veut développer son agriculture, où se côtoient céréaliers, maraîchers, arboriculteurs, pépiniéristes, horticulteurs et producteurs biologiques, dans les champs comme sur les marchés forains et les carrés des halles. Elle compte à la fois promouvoir « cet important secteur économique », près d’un bassin de 11,5 millions de consommateurs, et stopper le grignotage des terres, a déclaré son président le 3 février.
Problème numéro un : le grignotage du foncier
Le problème de l’agriculture francilienne est avant tout foncier. L’installation y est difficile car les terres agricoles sont rares et chères, ont expliqué des participants au colloque. Depuis 1970, le nombre des exploitations est passé de 14 000 à 5 000. « Dans une région périurbaine comme l’Ile-de-France, le foncier qui est l’outil de travail des agriculteurs est très menacé par l’urbanisation », souligne-t-on à la chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile-de-France, qui suit de près le dossier.
La chambre cite ainsi le précédent projet de Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) de 1994 qui prévoyait une « consommation » de 1 750 hectares par an au profit du développement urbain. Mais dans les faits, les villes ont gagné plus de terrain, environ 2 000 hectares, soit la disparition de 10 à 20 exploitations agricoles de 100 à 200 hectares par an, explique-t-on.
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Des projets inquiétants
À l’incapacité de contenir l’urbanisation, s’ajoutent des projets qui risquent d’aggraver la situation. Jean-Paul Huchon a évoqué un projet de fermer le circuit de Formule 1 de Magnicourt (Nièvre) et de l’installer en Ile-de-France, région déjà saturée sur le plan des infrastructures, et notamment de l’implanter près de Flins, justement là où la région a un projet d’expérimentation d’agriculture biologique près de Paris.
Le nouveau Sdrif vise le maintien des terres agricoles, en menant à la fois une politique de foncier rural favorable à l’installation, et de foncier urbain en construisant davantage de logements dans les villes, et non sur leurs franges. Le président de la région a fait part de son inquiétude de voir le Sdrif rejeté. Mais le Premier ministre François Fillon a promis à Jean-Paul Huchon qu’il sera validé « au premier trimestre ».