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La règle du non-cumul promet du renouvellement

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À l’instar du spécialiste de l’agriculture, Germinal Peiro, qui ne briguera pas un nouveau mandat de député, de nombreux parlementaires sont touchés par l’évolution des règles de non-cumul des mandats, qui promet un renouvellement important au Palais Bourbon. Le Picard Stéphane Demilly a, quant à lui, décidé de se maintenir et de renoncer à son mandat de maire d’Albert. Pour contrer la montée du FN et défendre le dossier du canal Seine Nord.

« C’est un choix que je fais avec un pincement au cœur parce que j’aurais exercé mes fonctions de député pendant vingt ans et ces fonctions me passionnent », déclarait Germinal Peiro au micro de France Bleu fin 2016. Ce spécialiste des questions agricoles a dû choisir entre son siège de président du conseil départemental en Dordogne et celui de député à Paris. Il a choisi le conseil département. Ce sera aussi le cas du député LR de Meurthe-et-Moselle Jacques Lamblin, vétérinaire et investi dans les questions agricoles, qui ne se représentera pas pour conserver son mandat de maire. Ou du maire de la Roche-sur-Yon, Luc Bouard, ancien agriculteur et syndicaliste, qui ne se présentera pas à la députation.

La réforme des règles de non-cumul des mandats de 2014 doit s’appliquer pour la première fois à l’occasion de ces législatives. Ce texte interdit aux députés et sénateurs d’exercer les fonctions de maire, de maire d’arrondissement, de maire délégué et d’adjoint au maire, ou les fonctions de président et de vice-président des conseils régionaux ou départementaux. En 2012, 476 députés sur 577 (82 %) et 267 sénateurs sur 348 (77 %) exerçaient au moins un autre mandat électif. Ces parlementaires étaient le plus souvent à la tête d’un exécutif local : 261 députés (45 %) et 166 sénateurs (48 %) étaient soit maires, soit président de conseil général, soit président de conseil régional.

« Un crève-coeur »

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Dans la Somme, Stéphane Demilly (UDI) a beaucoup hésité à se présenter pour briguer un 4e mandat de député dans la 5e circonscription de la Somme, car c’est pour lui « un crève-cœur » de choisir entre son mandat local de maire d’Albert et celui de député. Il y a deux raisons qui l’ont décidé. La première, c’est le projet du canal Seine Nord que le député porte à bout de bras depuis le début. « C’est un dossier qui me tient à cœur. Étant donné les rebondissements que j’ai connus, je ne lâcherai pas jusqu’à sa mise en eau. »

La deuxième raison du maintien de sa candidature à l’assemblée, c’est le résultat du Front national de 56 % à l’élection présidentielle dans sa circonscription. « Je sais que si je pars, cela faciliterait sa victoire ». Et pour lui, les deux raisons sont liées : « Le canal Seine Nord sera une bouffée d’oxygène pour la région Hauts-de-France car elle contribuera à l’installation d’entreprises, notamment de l’agroalimentaire. Nous en avons besoin ». L’arrivée à Matignon d’un opposant au canal a aussi pesé dans sa décision. « Mais Edouard Philippe a assuré à Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, qu’il ne s’opposerait pas au canal en tant que Premier ministre », assure-t-il.