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La réglementation sur les biostimulants doit encore avancer

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Les participants à la table ronde sur la place des biostimulants dans l'agriculture de demain Crédits : © Onepoint

  Les biostimulants ont incontestablement leur place dans la transition de l’agriculture qui se joue actuellement. Et si l’on constate une structuration du marché des biostimulants, en témoigne l’apparition de catégories (sols, foliaires…), l’adoption de ces nouveaux produits prendra du temps. Changements des pratiques, formation des distributeurs, accompagnement des agriculteurs sur le terrain, évolution de la réglementation… autant de problématiques auxquels les intervenants (1) réunis par la Ferme Digitale lors du Salon international de l’agriculture, ont tenté de répondre le 2 mars 2022.

Si la notion de biostimulants est assez récente avec l’apparition il y a une dizaine d’années des premières solutions, la modification de la réglementation européenne en 2019 a clarifié les choses en apportant notamment des critères de sécurité lors de la mise sur marché. Mais d’autres avancées sont encore attendues par les professionnels. « La réglementation doit encore évoluer, notamment pour faire entrer les produits à base de matière d’origine animale », souligne Laetitia Fourié, présidente d’Afaïa (2), et également regulatory manager chez Hello Nature. Actuellement, « quatre microorganismes seulement sont admis, ce qui ne favorise pas l’innovation », selon-elle, tout en précisant que le syndicat travaille à l’inclusion de nouvelles souches et a bon espoir que les choses évoluent d’ici à la fin de l’année pour autoriser l’entrée de sous-produits d’origine animale dans la composition des biostimulants.

Formation et accompagnement

Si la règlementation est un des freins au déploiement des biostimulants, l’adhésion des agriculteurs, tout comme celle des prescripteurs joue également un rôle important. « Les distributeurs et les coopératives ont clairement un rôle à jouer et le fait que les biostimulants ne soient pas concernés par la loi Egalim sur la séparation entre le conseil et la vente est plutôt un bonne chose », estime Matthieu Archambeaud, CEO d’Icosystème, qui ne doute pas de « la capacité des coopératives à mettre en place l’agriculture de demain ». Mais même si la volonté générale est d’aller vers ces nouveaux produits en remplacement des phyto, il faut convaincre et « c’est un changements de pratiques qui peut être compliqué », reconnaissent l’ensemble des intervenants.

« Les biostimulants sont clairement une brique à la réduction des intrants », rappelle Laetitia Fourié, mais pas la solution miracle, ni un remède efficace à 100 % pour un problème en particulier. Et surtout, « le résultat d’un biostimulant se mesure dans le temps long, rappelle Matthieu Archambeaud. Un changement d’état d’esprit est nécessaire pour comprendre qu’il n’y a pas de substitution, mais de la transition vers un changements de pratique ». Et Charles Vaury, CTO de Gaïago, de renchérir : « les biostimulants ne sont pas un énième changement, mais un vrai changement qui nécessite de la formation et de l’accompagnement sur le terrain ».

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  1. L'animateur, Louis Vigne (Onepoint), Laetitia Fourié (Afaïa), Charles Vaury (Gaïago) et Matthieu Archambeaud (Icosystème).
  2. Afaïa, syndicat professionnel créé en 1986, est le représentant pour la France des entreprises fournissant les matières fertilisantes et intrants innovants des cultures végétales durables : les supports de culture (terreaux, substrats), les fertilisants organiques (engrais organiques, amendements organiques), les produits de paillages, ainsi que les additifs et les biostimulants.