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La régulation des marchés et la Pac au cœur des revendications des minoritaires

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Plus de régulation, plus de protectionnisme, plus de prix, plus de qualité…, les syndicats agricoles minoritaires en veulent toujours « plus », mais pour la bonne cause : obtenir une meilleure rémunération des producteurs et une Pac plus efficace.

« Régulation », tel est le mot qui revient aussi bien à la Confédération paysanne qu’à la Coordination rurale (CR) au sujet des revendications syndicales à l'adresse du futur président de la République. Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, évoque même un « Manifeste pour la régulation en agriculture, envoyé à tous les candidats ». Pour l’instant, le nombre de signatures est encore faible, reconnaît-il. « Élément fondateur de la construction européenne, la Pac n’assure plus ses missions essentielles pour la société, notamment celle de garantir l’autosuffisance alimentaire de la population et un niveau de vie équitable pour les agriculteurs », annonce d’emblée ce texte. De fait, la CR appelle « nos gouvernements et l’ensemble des institutions européennes à engager immédiatement une réforme de la Pac » afin d’« instaurer une exception agriculturelle (retrait de l’agriculture de l’OMC), de protéger le marché agricole européen et d’instaurer de réels outils de régulation ». Protection, régulation mais également rémunération des producteurs font partie des revendications de la CR. « Agriculteur est la seule catégorie socioprofessionnelle qui vend à perte », souligne Bernard Lannes. Il évoque aussi l’importance de l’agriculture dans la protection de l’environnement. « Il s’agit de ne plus subir le diktat de groupuscules écologiques »,, explique-t-il, parlant d’une « écologie apaisée » avec la reconnaissance de l’agriculture dans le marché du carbone.

Retrouver un pacte alimentaire

La Pac est aussi le premier sujet qu’entame Laurent Pinatel, président de la Confédération paysanne : « Il s’agit d’instaurer beaucoup plus d’outils de régulation du marché, plutôt que de partir sur des systèmes assurantiels ». Pour lui, la force de la France à l’export, « c’est justement la richesse et la diversité de ses territoires », aussi la Pac doit-elle conserver cela et permettre une montée en gamme des produits agroalimentaires. « Sans forcément avoir des AOC partout ! », précise-t-il. Il évoque lui aussi l’environnement, un environnement « usé jusqu’à la corde » si on ne le lui prête pas plus d’attention. Autre vision, d’ailleurs partagée aussi par les Jeunes agriculteurs : « Aborder l’agriculture sous l’angle alimentaire » et repenser la Pac dans ce sens. Il souhaite « recréer un pacte de confiance entre le consommateur et l’agriculteur comme dans les années soixante ». Il imagine également une Pac sociale avec une partie de l’enveloppe des aides orientée vers l’actif agricole et revendique surtout un travail législatif au niveau français pour pouvoir définir des indicateurs de prix. « Le coût de la main-d’œuvre, des intrants, etc., seraient de bons indicateurs. Cela permettrait d’aboutir à un prix qui éviterait aux agriculteurs de courir derrière des volumes ! ». Produire moins mais mieux avec des paysans mieux rémunérés et des aides réorientées, pourquoi pas ?

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Le collectif Sauvons les fruits et légumes demande aux candidats Républicains de reconnaître l’utilité des produits phyto

À quelques jours du premier tour des primaires des Républicains, le collectif Sauvons les fruits et légumes de France estime que les « promesses » des candidats sont « alléchantes » notamment « la fin du trop-plein de normes » ou l’allégement du coût du travail, indique-t-il dans un communiqué le 17 novembre. L’organisme attend cependant « un effort » supplémentaire et « des actes » pour relancer la production française. Il demande notamment la reconnaissance de l’utilité de la protection phyto, « l’amélioration des pratiques et la recherche de nouvelles substances y compris de synthèse » ou l’arrêt de « l’agri-bashing ». Le collectif estime nécessaire de « baser les décisions politiques selon des données étayées sur le plan scientifique et technique et non pas sur les élucubrations d’ONG ».