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La relance des négociations de libre-échange entre l’UE et le Mercosur à l’ordre du jour

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Préoccupées par les répercussions agricoles d’un éventuel accord de libre-échange avec le Mercosur, la France, l’Irlande et la Pologne restent réticentes vis-à-vis d’une relance des négociations avec le partenaire sud-américain, rendue possible par l’élection d’un nouveau président argentin.

L’élection, le 22 novembre, du nouveau président argentin, Mauricio Macri, qui prendra ses fonctions le 10 décembre, pourrait relancer les négociations de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela n'étant pas impliqué dans ces pourparlers). La question a été discutée par les ministres du commerce des Vingt-huit lors d’une réunion le 27 novembre à Bruxelles, à l’issue de laquelle la commissaire européenne chargé du dossier, Cecilia Malmström, a annoncé que l’exécutif européen « va maintenant tenter de répondre aux questions soulevées par les États membres et décider quoi faire en conséquence ». 

Ouverture argentine

En juin dernier, l'UE et le Mercosur ont réaffirmé au niveau ministériel leur engagement à conclure un accord de libre-échange, convenant de procéder à un échange des offres sur l'accès au marché (agriculture, industrie, services et marchés publics) une fois les conditions réunies (1).

Les négociations avaient été lancées en 2000, puis, dans les faits, suspendues entre 2004 et 2010. Lors d'une réunion ministérielle en janvier 2013 à Santiago (Chili), les deux parties avaient convenu d'échanger leurs offres d'accès au marché, ce qui ne s'est pas produit, bien que l'UE ait été prête à le faire. Les pourparlers ont été à nouveau suspendus en septembre 2014 lorsqu'une offre présentée par le Mercosur a été jugée insuffisante.

« Nous devrons retrouver le dynamisme du Mercosur », a déclaré Mauricio Macri au lendemain de son élection, alors que son pays était jusqu’à maintenant réservé sur la conclusion d’un accord avec l'UE. 

L’offre sud-américaine jugée insuffisante

La commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström a, selon des sources communautaires, indiqué le 27 novembre aux ministres des Vingt-huit que deux options sont sur la table : soit échanger maintenant les offres d’accès au marché avec le Mercosur, sur la base de celle envisagée par la partie sud-américaine qui couvre 87 % de ses lignes tarifaires, contre 91,5 % des lignes tarifaires pour l'UE ; soit mettre la pression sur le Mercosur pour qu'il améliore son offre et la porte à 89 % de ses lignes tarifaires, au risque qu'il se désengage et que cela conduise à une nouvelle impasse.

L'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, l'Italie, le Portugal, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni se sont dits favorables à un échange des offres, faisant valoir que l'offre sud-américaine pourrait être améliorée.

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La Belgique et Malte ont suggéré de procéder à un premier échange d'offres qui donnerait lieu à une nouvelle offre avec une clause de réévaluation à court terme.

Mettant en avant leurs préoccupations dans le domaine agricole, la France, l'Irlande et la Pologne se sont montrées les plus réticentes, estimant que l'offre du Mercosur n'était clairement pas au niveau d'ambition attendu. Ces États membres ont été rejoints par la Hongrie qui a souligné la forte asymétrie entre les offres et appelé à revoir le mandat de négociation confié en 1999 à la Commission. 

(1) Voir n° 3502 du 22/06/15 et n° 3437 du 03/03/14 

Ricardo Buryaile, ministre argentin de l’agriculture

Parlementaire de 2009 à 2013, Ricardo Buryaile a été nommé ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche dans le gouvernement argentin formé par Mauricio Macri. Président de la commission de l’agriculture de la Chambre des députés de 2010 à 2013, Ricardo Buryaile, d’origine française, détient avec sa famille des terres agricoles dans la province de Formosa, au nord-est du pays.

Le nouveau président a confirmé l’élimination imminente des taxes et des restrictions aux exportations de blé et de maïs, ainsi qu’une baisse graduelle de la taxe sur les embarquements de soja. 

Par ailleurs, un ancien cadre de Monsanto, Leonardo Sarquis, a été nommé ministres des affaires agricoles de la province de Buenos Aires (dont la capitale est La Plata), la plus grande, la plus riche et la plus peuplée d'Argentine.