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Viandes/Congrès FNICGV  La rentabilité des abattoirs chute en 2005 et l’activité se concentre

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Selon une étude présentée au congrès de la Fédération de l’industrie et du commerce en gros des viandes, la rentabilité des entreprises s’est dégradée sur les 9 premiers mois de 2005 en particulier sur les activités de découpe de porc. Parallèlement, les abattoirs continuent leur concentration. Leur nombre a baissé de 7 % en 2005 à 312 établissements.

Les premiers résultats sur la rentabilité financière des entreprises d’abattage et de transformation de viande ne sont pas bons. Non seulement ils sont faibles, mais ils se sont dégradés sur les 9 premiers mois de 2005, selon une étude présentée le 23 juin par Claire Legrain, de la division Entreprises et promotion nationale de l’Office de l’élevage, lors du congrès de la Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV) à Toulouse. Cette étude rend compte des activités d’environ 30 entreprises échantillonnées, via l’indicateur trimestriel de l’office, durant les 9 premiers mois de 2005. Pour l’activité de transformation de viande bovine, le résultat courant est passé de 1,13 % du chiffre d’affaires sur les 9 premiers mois de 2004 à 0,66 % sur la même période de 2005. Pour l’activité d’abattage et découpe de viande bovine, le résultat a légèrement progressé, à 0,49 % contre 0,38 %. Mais c’est au niveau de l’activité d’abattage et de découpe de viande porcine que le résultat est le plus préoccupant. De 0,06 % de la production durant les 9 premiers mois de 2004, le résultat courant est passé à -0,55 % sur la même période de 2005. Dans les ovins, la tendance est également à la baisse. De 1,32 % en 2004, le résultat est passé à 0,39 %. « La rentabilité des outils reste limitée», a commenté Yves Berger, directeur de l’Office de l’élevage, après la présentation de ces chiffres. « Il serait utile de se poser la question sur les conditions de maintien d’un certain nombre d’outils. Des choix stratégiques seront à faire », a-t-il prévenu.

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Concentration et spécialisation

Pourtant, parallèlement à ces résultats en baisse, l’activité des entreprises d’abattage se concentre. En 5 ans, le nombre d’abattoirs français aura baissé de près de 7 %, à 312 établissements en 2005, selon une étude menée par le Scees et l’Office de l’élevage et présentée également par Claire Legrain le 23 juin. « Ce sont essentiellement des abattoirs de faible capacité qui ont disparu », explique-t-elle. Dans le même temps, l’activité d’abattage n’a reculé que de 0,25 %, pour s’établir à 3,625 millions de Tonnes équivalent carcasse (Tec) en 2005. Les tonnages moyens par abattoirs ont progressé. Les volumes abattus se sont situés à 11 617 Tec en 2005 par établissement contre 10 848 Tec en 2000 et 6 910 Tec en 1990. Mais selon l’étude, cette évolution provient des abattoirs privés uniquement. L’activité moyenne est passée de 17 331 Tec en 2000 à 17 854 Tec abattues en 2005 par établissement privé contre 4 006 Tec à 3 545 Tec en 2005 par établissement prestataire public. Les abattoirs semblent également se spécialiser dans leurs activités. Selon l’étude, 43 % des établissements avaient une spécialisation en 2000, 39 % une activité dominante et 19 % une polyvalence. 5 ans plus tard, 49 % des abattoirs sont spécialisés, 36 % ont une dominance et 15 % seulement sont polyvalents. Les abattoirs liés aux porcs restent les plus spécialisés dans cette activité : 64 % spécialisés en porcs en 2000 et 71 % en 2005.