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Viandes de boucherie / Résultats financiers La rentabilité des entreprises s’est dégradée en 2003

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Malgré une année morose au plan du résultat, l’équilibre de la structure financière des entreprises est préservé. Le bilan de l’année 2003 réalisé par l’Ofival est donc plutôt mitigé pour les entreprises du secteur, qui ont vu leur production stagner et leur rentabilité se dégrader.

L’étude s’appuie sur un échantillon de 99 entreprises d’abattage découpe, ayant traité 3,04 millions de tonnes de viandes de boucherie, soit 67 % du marché national, pour un chiffre d’affaires cumulé de 9 milliards d’euros (65 % du CA du secteur estimé par le SCEES). Avec 53 % des tonnages traités, le porc est l’espèce dominante dans l’activité de l’échantillon, devant le gros bovin (39 %), le veau de boucherie (3,9 %) et l’ovin (3,3 %).

Résultat courant en baisse

En 2003, l’activité se stabilise en volume (- 0,1 % contre + 2,5 % en 2002) comme en valeur (+ 0,1 % contre - 1,5 % en 2002) alors qu’elle progressait encore l’année précédente en volume et régressait en valeur. En revanche, les volumes découpés poursuivent leur progression (+ 3 %), hormis en ovin, et les taux de découpe primaire et secondaire s’établissent respectivement à 68 % et 46 % du tonnage traité. En 2003, l’effectif salarié a progressé pour les entreprises de l’échantillon (+ 2 %) alors qu’il stagne pour l’ensemble des IAA. Dans un contexte de consommation morose et de production en stagnation l’année 2003 a connu une relative dégradation de la rentabilité des entreprises après le renforcement du résultat obtenu en 2001 et 2002. Le résultat courant avant IS s’établit à 0,9 % du chiffre d’affaires, contre 1,5 % et 1,6 % en 2002 et 2001. La capacité d’autofinancement passe en dessous des 2 % de la production. Ces résultats moyens pour l’ensemble des espèces sont liés à la stagnation de la marge unitaire tandis que les charges sont plus ou moins bien maîtrisées.

Résultat négatif pour le secteur porcin

Les entreprises du secteur bovin sont celles dont la rentabilité a le moins baissé en 2003, avec un résultat courant avant IS de 1,4 % et une CAF de 2 % contre respectivement 2 et 2,2 % en 2002. Les industriels sont, davantage qu’en 2002, les principaux contributeurs au résultat obtenu. Les abatteurs découpeurs locaux sont ceux dont le résultat se dégrade le plus dans l’univers bovin. Les entreprises spécialisées en viande porcine présentent un résultat qui est devenu négatif en 2003 passant à - 0,3 % en 2003, contre 0,6 % en 2002 et 0,5 % en 2001. Le résultat courant des abatteurs découpeurs de moins de 30 000 tonnes s’établit à - 0,7 % du chiffre d’affaires contre 0,3 % en 2002 et 0 % en 2001 : 5 entreprises sur 13 présentant des résultats négatifs en 2003, soit 40 % de l’échantillon. Les abatteurs industriels présentent également une dégradation de la rentabilité : leur résultat courant s’établit à - 0,2 % du chiffre d’affaires (contre 0,7 % en 2002 et 0,6 % en 2001). Phénomène souvent observé dans le secteur porcin, la baisse des cours à la production s’accompagne d’une dégradation de la marge unitaire des entreprises qui alors ne parviennent plus à compenser la hausse de leurs charges, aussi maîtrisées soient-elles. Quant au résultat courant des entreprises ovines, il s’établit à 1,1 % contre 1,8 % en 2002.

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Les équilibres financiers préservés

Malgré une année morose au plan du résultat, l’équilibre de la structure financière des entreprises est préservé, hormis pour les abatteurs découpeurs porcins de moins de 30 000 tonnes. Depuis plusieurs années, les entreprises du secteur ont pu progressivement consolider leurs fonds propres (9,8 % du chiffre d’affaires en 2003, 9,2 % en 2001), dont le niveau dépasse l’actif immobilisé. Il s’en suit un bon équilibre entre fonds de roulement (2,6 % du chiffre d’affaires) et BFR (3,6 % dont 1,6 % de BF d’exploitation), avec un taux de couverture de 73 %, malgré une croissance du BFR pour la plupart des échantillons. L’endettement global est modéré quoiqu’en progression (5 % du chiffre d’affaires, soit la moitié des capitaux propres).

Le bilan de l’année 2003 est donc plutôt mitigé pour les entreprises du secteur, qui ont vu leur production stagner et leur rentabilité se dégrader. Les équilibres financiers ont cependant été préservés au prix d’une pause dans la croissance des entreprises. En 2004, les résultats des entreprises suivies dans le cadre de l’indicateur Ofival (au 30 septembre 2004), font pressentir une dégradation de la rentabilité des secteurs bovin et ovin, et une amélioration dans le secteur porcin.