Sauf grosse surprise, c’est la société Duc qui devrait être désignée comme repreneur de l’unité de découpe de dindes Volaven (Riec-sur-Belon, Finistère) par le tribunal de commerce de Quimper qui a arrêté la date de sa prochaine audience : le 22 décembre prochain.
La société Volaven, filiale du groupe coopératif morbihannais Cecab placée en redressement judiciaire le 18 octobre dernier, avec période d’observation de deux mois, pourrait passer dans le giron du groupe Duc.
Joint au téléphone quelques jours après le dépôt de son dossier au tribunal de commerce de Quimper, le président de Duc, François Gontier indique avoir relevé plusieurs fois son offre de reprise pour parvenir au maintien de 240 emplois environ (sur 384), selon la Cecab. Il prévoit également un plan d’investissements de plusieurs millions d’euros, sans donner plus de précisions.
L’orientation commerciale consisterait à faire bénéficier Volaven de la forte notoriété de la marque Duc sur le marché de la grande distribution. Jusqu’à présent, Volaven destinait ses produits crus de découpe à la RHD, aux grossistes et à l’exportation pour la moitié de son chiffre d’affaires (28 M EUR en 2005).
François Gontier reste muet, en revanche, sur le futur niveau d’activités de Volaven. Juste avant son dépôt de bilan, la filiale de la Cecab découpait 56 000 dindes par semaine. Un plan de charges qui avait été progressivement réduit, passant par étapes de 95 000 dindes par semaine il y a trois à quatre ans à 70 000 puis 56 000 dindes. La réduction du plan de charges n’avait pas diminué le passif de la société, estimé à plusieurs millions d’euros.
Dans son plan de reprise, François Gontier a demandé à la Cecab le maintien des accords d’approvisionnement en dindes vivantes produites par une centaine d’éleveurs adhérents du groupe coopératif, et en carcasses de dindes abattues par CECAB dans son autre filiale dédiée, « Volailles de l’Odet » située à Briec (Finistère), non concernée par la procédure de redressement judiciaire.
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« Nous avons besoin d’une garantie d’approvisionnement », indique François Gontier. Créée sur les décombres du groupe Bourgoin, la société Duc avec son actionnaire principal, Verneuil Finances travaille principalement du poulet certifié, son cœur de métier, la dinde n’apparaissant qu’à hauteur de 15 à 20 % d’un CA de 102 à 105 M EUR dont seulement 5 à 6 % à l’exportation.
Duc emploie 700 salariés dans deux sites d’abattage découpe à Chailley (Yonne) et Saint-Bauzely (Gard) et s’approvisionne auprès de 300 éleveurs. Sur un marché longtemps déprimé mais en reprise actuellement, Duc estime qu’il y « a quelque chose à faire, en particulier sur les produits à valeur ajoutée et à l’exportation », dit François Gontier.
Il s’est donc naturellement rapproché de la Bretagne, bassin de production « où la compétitivité est la meilleure » de toutes les régions de production, selon l’avis du dirigeant. Ce plan de reprise n’évitera pas au bassin d’emplois de Quimperlé (Finistère) de nourrir de nouveaux regrets de voir le secteur industriel encore démantelé, après plusieurs vagues de licenciements annoncées ces derniers mois.
Pour amortir le choc, la Cecab a proposé aux salariés de Volaven, le 27 novembre en comité d’entreprise, 127 postes dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de Riec-sur-Belon, mais seulement 26 à temps complet et tous les autres (101) en CDI à temps partiel. Le groupe vannetais propose en outre 102 CDI à temps complet dans ses filiales bretonnes.