Alain Caekaert, directeur commercial de Vivescia, considère que la rétention exercée par les céréaliers en France et chez les grands pays exportateurs est l'un des éléments explicatifs de la bonne reprise des cours, alors que les stocks céréaliers restent lourds.
À regarder le bilan mondial des céréales, il y a de quoi s'inquiéter, avec une évolution des stocks mondiaux en hausse régulière depuis trois ans. Ces stocks devraient flirter avec les 150 millions de tonnes à la fin juin 2015 selon le CIC (Conseil international des céréales). Dans ce contexte, les prix n'ont cessé de baisser depuis le printemps 2014. On s'est retrouvé ainsi à un point bas à la fin septembre à 150 euros la tonne pour le blé Rendu Rouen, puis on a assisté à un rebondissement pour se situer au 5 novembre à 186 euros la tonne. Qu'est-ce qui explique un tel renversement alors que les fondamentaux n'ont pas vraiment changé ? Lors de la journée matières premières de l'Association française des techniciens de l'alimentation animale (Aftaa) qui s'est déroulée le 3 décembre à Paris, Alain Caekaert, directeur commercial de Vivescia, a apporté son éclairage. « L'afflux massif de blé avec un problème de qualité a provoqué un vent de panique dans la filière céréalière. Ceci a été amplifié par l'incertitude sur ce que représentait réellement le sous-jacent Blé meunier Euronext. »
Surconsommation de blé en alimentation animale
Selon le spécialiste, aujourd'hui, les marchés ont retrouvé de la sérénité. Les clients ont dû adapter leurs critères d'exigence. Au final, le blé s'est particulièrement bien vendu sur la première moitié de la campagne céréalière. Bien mieux qu'on ne craignait. « Le blé est rentré massivement dans les formulations en alimentation animale sur cette période et la France a vendu de façon conséquente sur l'intracommunautaire », poursuit Alain Caekaert.
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Autre phénomène en faveur d'une reprise des cours à la hausse : les céréaliers français sortent de plusieurs bonnes années consécutives. « Leur trésorerie est telle qu'ils peuvent se permettre de s'assoir sur leur tas de grain jusqu'à des jours meilleurs », souligne-t-il. Et c'est ce qu'ils font. La preuve : « Alors que la récolte a été particulièrement volumineuse, nos silos sont loin d'être pleins chez Vivescia. » Et ce phénomène de rétention n'est pas propre aux céréaliers français. C'est aussi le cas pour les agriculteurs russes, ukrainiens et argentins.
Autre élément qui soutient les cours du blé tendre : les récoltes de l'hémisphère sud ne seront pas au rendez-vous, en raison de problèmes de qualité en Argentine et de rendements moyens en Australie.