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Transformation La richesse des bio-industries européennes repose sur leur diversité

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Le chiffre d’affaires des bio-raffineries européennes pèserait 10 milliards d’euros par an selon une enquête du programme européen Biorefinery Euroview. Les professionnels venus échanger à l’occasion des « Rencontres transfrontalières autour de la bio-raffinerie » le 12 novembre à Reims ont estimé que pour continuer à se développer la production européenne devait se reposer sur les biocarburants tout en valorisant la diversité de ses matières premières.

En Europe l’activité de bio-raffinerie emploierait 100 000 personnes (dont 5% dans la recherche et développement) et dégagerait un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros annuels à partir des seuls bio-produits. Soit 20% environ du chiffre d’affaires global des industriels engagés dans la bio-raffinerie montrent les chiffres du Biorefinery Euroview. Les résultats de ce programme européen, présentés lors des « rencontres transfrontalières autour de la bio-raffinerie », organisées par le pôle de compétitivité industries et agro-ressources (IAR) le 12 novembre à Reims, ont permis de brosser un état des lieux de ce secteur industriel en Europe.
Premier constat : la plupart des sites industriels de bio-raffinerie sont localisés au Nord et à l’Ouest de l’Europe. Deux modes d’approvisionnement principaux se dégagent. Une vision plutôt « française » basée sur une agroressource produite à proximité des sites de transformation et une autre organisation plus « néerlandaise » qui repose sur un approvisionnement par les ports de matières premières importées. La part la plus importante de l’activité de bio-raffinerie concernerait les huiles végétales au même niveau que la transformation de la lignocellulose (bois et paille). Suivent les céréales et les ressources dites humides (betterave, luzerne, pomme de terre…). Par rapport aux deux plus gros producteurs mondiaux, le Brésil et les États-Unis, qui se concentrent sur une matière première unique, respectivement la canne à sucre et le maïs, la production européenne est beaucoup plus diversifiée. C’est cette richesse qui fait sa force mais aussi sa faiblesse.

Un marché garanti en volume sur le long terme
Pour assurer le succès d’un site de bio-raffinerie, il est fondamental que le produit principal ait un marché garanti en volume sur le long terme. Le candidat idéal ce sont les biocarburants qui bénéficie d’un cadre réglementaire européen et d’objectifs d’incorporation dans les carburants. « Les biocarburants constituent un marché de masse qui peut servir d’assise au développement d’autres produits à plus forte valeur ajoutée mais dont le marché est plus petit, confirme Christophe Luguel responsable des relations internationales du pôle IAR. Souvent ce produit principal ne permet pas aux industriels de faire de bénéfices mais d’absorber les frais de structures. Les bénéfices sont généralement tirés de la transformation des coproduits ». L’autre clé de la réussite est l’intégration dans un tissu industriel préexistant qui permet d’optimiser l’utilisation de tous les coproduits (chaleur, déchets…).
Les conclusions du groupe de travail réuni au sein du programme Biorefinery Euroview a donc fait une série de recommandations à la Commission européenne pour favoriser l’essor de la bio-industrie. « Nous menons surtout un gros travail sur la rédaction de recommandations politiques. Le développement des bio-raffineries en Europe est surtout freiné par l’absence de cadre réglementaire », constate Christophe Luguel. Pour Antoine Peeters, responsable de l’industrie biotechnologique à Europabio (association européenne des bio-industrie), « il faudrait fixer des objectifs permettant de créer un dynamisme comme pour les biocarburants (10% en 2020). Pourquoi ne pas faire la même chose pour les bio-plastiques ? ».

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