La Ruche qui dit Oui ! séduit les consommateurs et les producteurs, qu'elle met en relation, mais aussi les investisseurs. Quatre fonds dédiés aux sociétés digitales lui apportent 8 millions d'euros pour financer son développement, notamment à l'international.
La Ruche qui dit Oui !, plateforme web dédiée aux circuits courts, vient de lever 8 millions d'euros, a-t-elle annoncé en juin. Quatre fonds, USV, Felix Capital, Quadia et X-Ange (1) ont choisi de participer à cette levée de fonds, qui vise à développer un concept en pleine expansion. « Les fondateurs restent les principaux actionnaires », précise une porte-parole.
De 24 en 2011, le nombre de ruches est passé à 164 en 2012. Il a ensuite doublé chaque année pour atteindre 637 fin 2014, en France et dans d'autres pays européens. Le concept commence en effet à s'étendre en Europe. Ces ruches comptent plus de 112 000 clients qui s'alimentent auprès de plus de 4 500 producteurs. Ces derniers, toujours localisés dans un rayon de 250 km autour de la ruche, ne parcourent, en moyenne, que 46 km pour livrer leurs produits. Concrètement, chaque ruche met en lien des consommateurs et des producteurs.
DES COMMUNAUTÉS DE CIRCUITS COURTS
Ces derniers vendent directement leurs produits (sous réserve qu'un minimum de commandes soit atteint), moyennent une redevance de 16,7 % sur leur chiffre d'affaires. Cette somme est reversée pour moitié à la ruche, et pour moitié à la plateforme pour le service et les frais bancaires. 60 personnes travaillent en effet au bon fonctionnement technique et commercial ainsi qu'au développement du réseau (contre 6 en 2012). Les ruches peuvent avoir différents statuts. « Parmi les ruches actives en octobre 2014, 66% ont un statut d'entreprise individuelle (auto-entrepreneur, EURL...), 18% ont un statut associatif, 9% celui d'une entreprise commerciale (SARL, SAS...) et 7 % sont rattachées à une entreprise agricole », précise la Ruche qui Oui ! dans un dossier de presse. À noter, il s'agit le plus souvent d'une activité complémentaire, mais près de la moitié des responsables de ruches aimeraient faire de ce travail leur activité principale. Au-delà du développement des circuits courts, la Ruche qui dit Oui ! s'inscrit dans une dynamique de lien social puisque chaque ruche constitue une communauté.
DES PROJETS À L'INTERNATIONAL
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Lancé concomitamment à Toulouse et Paris, le réseau de la Ruche qui dit Oui ! a récemment adopté une stratégie de décentralisation et d'internationalisation. Depuis le début de l'année 2015, une dizaine de bureaux ont été déployés en régions mais aussi en Belgique, Angleterre, Espagne et Allemagne pour développer le réseau, tou-jours dans une logique locale afin de mailler le territoire sans que les ruches n'entrent en concurrence. « Cette grande ambition nécessite de grands moyens, avant tout des compétences et des savoir-faire. C'est pour cette raison que nous avons décidé de nous associer à de nouveaux partenaires qui nous apportent non seulement des moyens financiers mais surtout leur expertise », explique Guilhem Chéron, président et co-fondateur, cité dans un communiqué. « USV possède une grande expérience dans le domaine des plateformes sociales (Twitter, Tumblr) mais aussi des places de marché (Etsy, Kickstarter) tout comme Felix Capital (Farfetch). Quadia a pour mission de soutenir des entreprises à fort impact social et environnemental et X-Ange compte parmi les premiers investisseurs de l'économie collaborative (ALittleMarket, KissKissBankBank…) », détaille le document.
UNE ACTIVITÉ GOURMANDE EN CAPITAUX
La Ruche qui dit Oui ! n'en est pas à sa première levée de fonds. Dès sa création, en décembre 2010, la société Equanum (aussi nommée Ruche) Mama, fondée par Guilhem Che ron avec deux associés, Marc-David Choukroun et Mounir Mahjoubi, attire des investisseurs comme Christophe Duhamel (co-fondateur de Marmiton.org), Marc Simoncini et Marie-Christine Levet (Meetic…) ou encore Kima Ventures. Après le lancement de plateforme en septembre 2011, la Ruche qui dit Oui ! procède à une nouvelle levée de fonds à l'été 2012. X-Ange (Banque Postale) avait alors déjà investi, aux côtés de Solid, le fonds d'innovation sociale de Siparex. Au total, ces deux fonds avaient apporté 1,5 million d'euros. En 2014, Equanum a ensuite obtenu des prêts d'un montant de 1,5 million d'euros auprès de la Caisse des Dépôts, de Paris Initia-tive Entreprise (réseau France Active) et de BNP Paribas.
(1) USV, Union Square Ventures, est un fonds américain spécialisé dans le digital. Felix Capital, fonds britannique, soutient les entreprises spécialisées dans le digital et les nouvelles technologies.Quadia société suisse, est positionnée sur l'investissement social, responsable et environnemental. X-Ange est un fonds franco-allemand, filiale de la Banque Postale, spécialisé dans les sociétés technologiques.