Abonné

La Ruche qui dit oui : « Nous avons besoin de plus de producteurs »

- - 4 min

En cinq ans d’existence, le réseau La Ruche qui dit oui a réuni près de 5 000 producteurs et 150 000 clients dans six pays d’Europe. Elle va se lancer cet automne au Danemark, en Suisse et aux Pays-Bas. Pour le p.-d.g. de la société, Marc-David Choukroun, les agriculteurs sont de plus en plus ouverts aux circuits courts. Sa société en recrute de nouveaux pour étoffer le nombre de "ruches", c’est-à-dire ses micro-réseaux de distribution en circuit court.

Où en est La Ruche qui dit oui après cinq ans d’existence ?

Le réseau c’est 1 000 Ruches en France et dans cinq pays d’Europe (Belgique, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie), dont 650 en France. C’est 5 000 producteurs dont 4 000 en France, et 150 000 clients par an. Le réseau traite entre 40 et 50 millions d’euros de produits. Le chiffre d’affaires de l’entreprise correspond à 8,35 % de ces volumes (entre 3,3 et 4,1 millions d’euros). Nous lançons cet automne le Danemark, la Suisse et les Pays-Bas. 
Nous fonctionnons comme une start-up, nous sommes encore en développement et donc pas encore rentables. Nous avons 135 salariés, dont une quarantaine pour le développement de la plate-forme et une cinquantaine pour la coordination du réseau et le soutien des responsables de Ruche.

Qu’est-ce qui a changé en cinq ans ?

Le modèle n’a pas changé. Il y a cinq ans, nous sommes arrivés avec un côté nouveau, l’association du numérique et des circuits courts. Après cinq ans d’existence, on voit que ce n’est pas un effet de mode. Nos Ruches se pérennisent, sont ancrées dans leur territoire. 
De plus en plus de producteurs se tournent vers les circuits courts. Il y a cinq ans, c’était très clivé : il y avait les gros et les petits. Aujourd’hui, même les gros s’y intéressent. Cela implique une transition, une évolution vers une production durable.

Du côté des consommateurs, il y a eu une vraie prise de conscience autour des circuits courts, alimentée par la crise agricole et les scandales alimentaires. Nous avons besoin de plus de producteurs qui fassent la transition.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

distribution
Suivi
Suivre

Qui sont vos concurrents ?

Pour les concurrents directs, pas grand monde. Bienvenue à la ferme a lancé un concept un peu différent du nôtre, et il existe un opérateur, Locavor, qui a lancé une copie de notre modèle. Les autres concurrents, ce sont tous les autres circuits courts, mais on ne les voit pas d’un mauvais œil, il faut de la diversité. Les producteurs ont besoin d’une diversité de débouchés quand ils se lancent dans les circuits courts. Notre vrai enjeu, c’est de faire perdre des parts de marché aux grandes surfaces.

Le fonctionnement de La ruche qui dit oui

La Ruche qui dit oui est un service qui met en relation des agriculteurs et des consommateurs. C’est à la fois un service en ligne, un site sur lequel un agriculteur propose ses produits au prix qu’il souhaite, et où le consommateur peut les réserver et les payer à l’avance. C’est aussi un service animé localement par des gestionnaires de ruches, qui développent et animent leur réseau de producteurs et de consommateurs. Le service rémunère deux acteurs : les créateurs de ruches, et la société mère qui gère la plateforme et les outils numériques, et intervient en support des créateurs de ruches. Chacun de ses deux acteurs prélève 8,35 % du chiffre d’affaires réalisé par les agriculteurs via le réseau.