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Focus Russie La Russie à la conquête de l’indépendance alimentaire

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La Russie est un des plus gros importateurs mondiaux de produits laitiers. Afin de retrouver l’indépendance alimentaire, le gouvernement a donc lancé un vaste plan de soutien aux éleveurs. Pour valoriser au mieux sa production, la Russie fait également appel à des investisseurs étrangers.

«La sécurité alimentaire en Russie fait partie intégrante de la sécurité nationale du pays ». Issue de la “doctrine sur la sécurité alimentaire en Russie », cette phrase est à la base de la politique agricole russe sur la période 2013-2020. Et c’est notamment dans le secteur laitier que les ambitions de la Russie sont les plus fortes. Le gouvernement s’est ainsi donné pour objectif de produire localement au moins 90% de sa consommation de produits laitiers à l’issue de cette période. Un objectif « totalement irréalisable », selon l’ambassade de France en Russie, mais qui traduit la volonté politique de la Russie de s’affranchir de toute dépendance aux importations. Et la route est encore longue. En 2011, les importations augmentaient encore de 2% pour attendre les 440 000 tonnes. Le cheptel laitier, lui, ne cesse de réduire et la production nationale a chuté durant les années 90 pour finalement se stabiliser à 34Mt (voir graphique).

Une politique de soutien importante

Pour lutter contre cette dépendance, la Russie a donc lancé un vaste plan de soutien à la filière. La politique agricole 2013-2020 prévoit en effet un budget de 58 milliards d’euros sur 7 ans. Le soutien à l’augmentation du cheptel, l’aide à l’entretien des animaux, et les programmes régionaux d’aide à la restructuration de bâtiment ou d’achats de matériel agricole, sont les piliers du soutien financier russe à la filière laitière. Mais c’est surtout l’arrivée d’une quatrième aide qui traduit la volonté productiviste du gouvernement : la subvention par litre de lait produit. Ainsi, la Russie espère faire décoller sa production et atteindre les 38Mt en 2020.

L’industrie française s’implante en Russie

Mais la production ne fait pas tout. Pour faire face à une consommation de 249 kilos de produits laitiers par an et par habitant (la consommation américaine s’élève à 275 kilos par an, celle de l’UE, à 290 kilos par an), la Russie a besoin d’une transformation efficace. Pour y parvenir, la Russie n’hésite pas à faire appel à des investisseurs étrangers. Et malgré la faible part que représente la France dans les importations russes (8%), les entreprises laitières se sont engouffrées dans ce marché. « Lactalis a 4 sites industriels en Russie », témoigne Michel Nalet, porte-parole du leader mondial des produits laitiers. Et l’industriel ne compte pas s’arrêter là, « la croissance de ce marché est forte, c’est un débouché majeur pour la communauté européenne », assure-t-il. Danone ne cache pas non plus son intérêt pour le marché russe. « Danone-Unimilk s’engage à investir 700 millions de dollars supplémentaires dans les cinq à sept prochaines années », déclarait le 26 mars 2012 Yves Legros, directeur général de l’entreprise.

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